La RDC a exporté 41 140 tonnes de cobalt contenu au premier semestre 2026, contre 43 930 tonnes sur la même période de 2025, soit un recul de 6,4 %. Mais la trajectoire s’est nettement redressée au fil des mois puisque le deuxième trimestre atteint 24 086 tonnes, en hausse de 41,2 % par rapport au premier, avec un pic de 11 780 tonnes en juin.
Les statistiques provisoires de la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière, CTCPM, recensent 119 015,45 tonnes d’hydroxydes de cobalt exportées entre janvier et juin 2026. Compte tenu de leurs teneurs, ces expéditions représentent 41 140 tonnes de cobalt métal contenu. Le Lualaba fournit 37 412,23 tonnes de ce total, contre 3 727,77 tonnes pour le Haut-Katanga.
D’après un calcul de Lepoint.cd, le Lualaba concentre ainsi 90,9 % du cobalt contenu exporté au premier semestre. Cette concentration est également visible dans le tableau par entreprise, où CMOC Kisanfu, KCC, Metalkol et plusieurs autres grands opérateurs du Lualaba figurent parmi les principaux exportateurs d’hydroxydes.
La comparaison annuelle montre cependant une contraction. Le rapport statistique officiel de 2025 avait enregistré 43 930,02 tonnes de cobalt métal exportées au premier semestre. Le recul atteint donc 2 790 tonnes, soit 6,35 %, selon un calcul de Lepoint.cd. (CtcpM)
Juin représente près de la moitié des exportations du deuxième trimestre
L’évolution à l’intérieur du semestre présente une image beaucoup plus dynamique. Les exportations de cobalt contenu s’établissent à 17 053,95 tonnes au premier trimestre, avant de passer à 24 086,04 tonnes au deuxième. La hausse trimestrielle atteint 41,2 %.
Le mouvement s’accélère surtout en juin. Après 6 200,07 tonnes en avril et 6 105,76 tonnes en mai, les exportations montent à 11 780,22 tonnes en juin, leur niveau mensuel le plus élevé du semestre. Juin représente à lui seul près de 49 % du cobalt exporté au deuxième trimestre et 28,6 % du total semestriel.
Cette accélération ne doit toutefois pas être interprétée sans tenir compte de la politique congolaise de régulation du marché. En 2025, le gouvernement avait suspendu les exportations de plusieurs produits cobaltifères afin de réduire l’offre disponible et soutenir les prix. Les statistiques officielles montrent ainsi que le premier trimestre 2025 concentrait 42 844,70 tonnes de cobalt exportées, tandis que le deuxième trimestre n’en comptait plus que 1 085,32 tonne.
La comparaison entre les deux années est donc fortement influencée par les mesures administratives. En 2026, les exportations sont organisées dans le cadre d’un système de quotas instauré après la suspension. L’ARECOMS a fixé un plafond annuel de 96 600 tonnes pour 2026 et 2027, selon Reuters. Les 41 140 tonnes exportées sur les six premiers mois représentent environ 42,6 % de ce plafond annuel, sans que cette proportion permette de préjuger des volumes qui seront effectivement autorisés et expédiés au second semestre.
Un recul annuel qui masque un redémarrage des expéditions
La lecture du semestre est donc double. Sur douze mois, le volume reste inférieur de 6,4 % à celui enregistré au premier semestre 2025. Mais entre les deux trimestres de 2026, les exportations repartent nettement à la hausse, avec plus de 7 000 tonnes de cobalt contenu supplémentaires entre le premier et le deuxième trimestre.
Le rapport de la CTCPM décrit lui-même cette trajectoire comme globalement favorable sur le semestre, tout en rappelant que la politique de contingentement continue de peser sur les volumes disponibles à l’exportation.
Pour les prochains mois, l’indicateur déterminant sera donc moins la production physique d’hydroxydes que le volume de quotas effectivement utilisé par les producteurs et converti en exportations. Avec 11 780 tonnes expédiées en juin, la fin du premier semestre montre que les flux peuvent accélérer rapidement, même dans un marché désormais administré.
J. KAKESA









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