Six centrales solaires représentant un investissement cumulé de 100 millions USD doivent être construites en République démocratique du Congo dans le cadre de projets attribués à Solutions for Africa, société du groupe Vinmart. Les installations sont réparties entre le Haut-Uélé, la Tshopo, le Kasaï-Oriental et le Kasaï-Central, selon Africa Intelligence. La capacité électrique totale du programme reste toutefois déterminante pour mesurer ce que ces 100 millions USD ajouteront réellement à l’offre d’électricité.
Africa Intelligence rapporte que Solutions for Africa a décroché fin juillet plusieurs chantiers portant sur six centrales solaires, pour une valeur cumulée de 100 millions USD. Les projets concernent quatre provinces éloignées des principaux pôles électriques du sud du pays, à savoir le Haut-Uélé, la Tshopo, le Kasaï-Oriental et le Kasaï-Central.
La valeur moyenne ressort mécaniquement à environ 16,7 millions USD par centrale, selon un calcul de Lepoint.cd. Cette moyenne ne constitue cependant pas un coût de référence pertinent tant que la puissance de chaque installation, les éventuelles batteries, les réseaux de raccordement et les équipements annexes ne sont pas connus.
Le choix de Solutions for Africa ne fait pas intervenir un nouvel opérateur en RDC. Le groupe Vinmart présente S4A dans son historique depuis 2005 et classe aujourd’hui les énergies renouvelables parmi ses secteurs d’activité. Vinmart, présent notamment dans les mines, les services industriels, la construction, la logistique et le négoce, revendique plusieurs sociétés actives en RDC.
À Kisangani, 10 MW sont déjà documentés
L’un des éléments les plus avancés publiquement concerne la Tshopo. À Kisangani, Solutions for Africa est déjà présentée comme l’entreprise adjudicataire d’une centrale photovoltaïque de 10 MW suivie par le Bureau central de coordination, BCeCo. Une mission technique menée début juillet avait identifié le site de Bobokoli, dans la commune de Mangobo, tandis que le directeur général intérimaire du BCeCo indiquait que plus de 70 % des équipements destinés au projet avaient déjà été acheminés dans la ville.
Une nouvelle visite du BCeCo le 8 août portait encore sur l’acquisition et la sécurisation d’un espace d’environ 16 hectares destiné à cette centrale.
Il existe donc au moins 10 MW de capacité solaire attribuée à Solutions for Africa et publiquement documentée dans l’une des quatre provinces citées par Africa Intelligence. Les informations actuellement accessibles ne permettent toutefois pas d’établir avec certitude que cette centrale de Kisangani correspond à l’un des six projets du paquet de 100 millions USD annoncé fin juillet. Le calendrier d’attribution publié localement précède en effet la date évoquée par Africa Intelligence.
Cette distinction évite de reconstituer artificiellement le programme à partir de projets qui pourraient relever de contrats différents.
Le vrai chiffre attendu est désormais celui des mégawatts
Le montant de 100 millions USD donne la taille financière de l’opération, mais pas encore sa portée énergétique. Pour savoir si ces six centrales peuvent modifier sensiblement l’approvisionnement dans les quatre provinces, il faudra connaître leur puissance installée en MW ou MWc, la présence éventuelle de systèmes de stockage, leur mode de raccordement ainsi que les réseaux de distribution associés.
La question du financement est tout aussi importante. Le fait que Solutions for Africa ait obtenu les chantiers ne permet pas, à lui seul, de déterminer si les 100 millions USD seront financés directement par le Trésor, via un programme public spécifique, par un bailleur, par un montage associant plusieurs sources ou suivant un autre mécanisme contractuel.
Le cas de Kisangani suggère néanmoins une implication publique. Le BCeCo présente la centrale de 10 MW comme un projet mis en œuvre dans le cadre du Programme présidentiel accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales, sous la coordination financière du gouvernement central. Cela ne permet pas pour autant d’attribuer le même montage aux cinq autres centrales.
Le projet mérite donc d’être suivi moins par son seul montant que par trois données opérationnelles. Combien de MW seront effectivement construits, à quelle date et avec quelle capacité de distribution vers les ménages et les entreprises ?
À titre d’exemple, même pour Kisangani, connaître une puissance de 10 MW ne suffit pas pour déduire automatiquement un nombre de foyers alimentés. Le résultat dépendra de la production solaire effective, du stockage, des pertes, du profil de consommation et de la configuration du réseau.
L’annonce des six centrales reste néanmoins significative par sa géographie. Les investissements annoncés ne se concentrent ni à Kinshasa ni dans le Copperbelt, mais dans quatre provinces où l’accès à une alimentation électrique suffisamment disponible demeure une contrainte pour les activités productives. Si les capacités et calendriers annoncés sont confirmés contractuellement, le programme pourrait constituer l’un des ensembles solaires publics les plus visibles actuellement en préparation hors des grands centres miniers.
H. KABAMBA









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