Un an après sa prise de fonctions au ministère des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo présente un bilan dominé par la lutte contre la fraude, le renforcement des contrôles et l’avancement de la Zone maritime d’intérêt commun avec l’Angola. Le chiffre le plus spectaculaire reste celui des recettes pétrolières mobilisées par la DGDA, passées d’une moyenne mensuelle de 4,44 milliards CDF avant la réforme à 78,51 milliards entre août et décembre 2025. Mais cette performance résulte d’une réforme interministérielle engagée avant son arrivée et ne peut lui être attribuée seule.
Acacia Bandubola a officiellement pris les commandes du ministère le 13 août 2025, succédant à Aimé Sakombi Molendo. Elle est la première femme à diriger ce portefeuille depuis sa création.
Sur le plan budgétaire, les données du ministère des Finances permettent de mesurer le changement intervenu dans l’aval pétrolier. Les recettes pétrolières de la DGDA ont totalisé 423,59 milliards CDF en 2025. De janvier à juillet, elles atteignaient en moyenne 4,44 milliards CDF par mois. Entre août et décembre, la moyenne est montée à 78,51 milliards CDF, avec un pic de 93,86 milliards en septembre. Le gouvernement présente cette évolution comme une augmentation de plus de 1 700 % après la réforme.
La chronologie impose toutefois une nuance importante. La réforme n’a pas commencé avec l’arrivée d’Acacia Bandubola. Elle trouve notamment son fondement dans l’article 22 de la loi de finances 2025 et dans un arrêté interministériel du 2 mai 2025 excluant les sociétés minières et leurs sous-traitants du mécanisme de subvention des carburants qu’ils consomment. Sa mise en œuvre effective est intervenue à partir de fin juillet, quelques jours avant la prise de fonctions de la nouvelle ministre. Le ministère des Finances attribue lui-même les résultats à une action coordonnée entre les Finances, l’Économie nationale et les Hydrocarbures, complétée par la suspension de certaines exonérations, le marquage moléculaire et les contrôles contre la fraude.
Fraude pétrolière, contrôles et infrastructures
Sous Acacia Bandubola, le ministère a renforcé les opérations de contrôle dans la zone Sud-Est, notamment autour du suivi du marquage moléculaire des carburants. Selon les données gouvernementales, les volumes de consommation enregistrés dans le circuit fiscal sont passés d’environ 65 000 à près de 200 000 m³ après le renforcement du dispositif.
La ministre a également alerté en janvier 2026 sur ce qu’elle considère comme une fraude massive dans les importations par la voie Sud. Sa correspondance à la DGDA estimait que, sur près de 2 millions de m³ importés en 2025, environ la moitié seulement aurait été régulièrement dédouanée, avec un manque à gagner potentiel proche de 800 millions USD. Ce montant reste une estimation du ministère et non une perte définitivement établie par un audit ou une décision fiscale. Lepoint.cd avait déjà consacré un article spécifique à ce dossier.
La sécurité des installations a constitué un deuxième volet de l’année. Après plusieurs incendies, le ministère a renforcé les exigences applicables aux dépôts et stations-service et engagé des contrôles ayant conduit à des retraits ou suspensions d’agréments. À Kinshasa, l’incendie de Sokopao en février avait notamment entraîné une décision de réexamen des autorisations des dépôts pétroliers.
Les difficultés structurelles restent cependant importantes. Lors de sa mission à Muanda en décembre 2025, Acacia Bandubola avait elle-même décrit le pipeline existant comme obsolète et placé l’approvisionnement de la zone Ouest, les infrastructures de stockage et l’audit des activités de Perenco parmi les dossiers prioritaires.
La ZIC avec l’Angola devient le dossier amont le plus avancé
Dans l’amont pétrolier, le résultat le plus structurant de cette première année concerne la Zone maritime d’intérêt commun entre la RDC et l’Angola. Le 22 juillet 2026 à Luanda, Acacia Bandubola et son homologue angolais Diamantino Pedro Azevedo ont signé l’avenant au contrat de partage de production du bloc 14/23 ainsi qu’une déclaration relative à la gouvernance de la zone. Le ministère angolais indique que cette étape fait passer un dossier négocié depuis plus de vingt ans vers sa mise en œuvre.
Il ne s’agit toutefois pas encore de nouvelles recettes pétrolières effectivement encaissées ni d’une production commerciale supplémentaire. Les travaux d’exploration et de développement doivent encore déterminer les volumes récupérables, les investissements nécessaires et le calendrier de production. Lepoint.cd a déjà traité séparément l’opérationnalisation de cette ZIC.
Le bilan d’Acacia Bandubola présente donc deux niveaux différents de résultats. Dans l’aval, l’amélioration des recettes est déjà mesurable avec 423,6 milliards CDF mobilisés en 2025, même si elle résulte d’une réforme gouvernementale collective. Dans l’amont, la ZIC Angola ouvre une perspective de production supplémentaire, mais celle-ci reste encore à convertir en investissements, forages puis barils effectivement produits.
Après douze mois, les prochains indicateurs à suivre seront la pérennité des recettes pétrolières après l’effet initial de la réforme, la réduction vérifiable des importations frauduleuses, l’exécution des projets d’infrastructures de stockage et de transport, ainsi que le passage effectif du bloc 14/23 de l’accord juridique aux opérations pétrolières.
M. KOSI









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