La République démocratique du Congo prépare un dispositif administratif centralisé destiné à accélérer les grands investissements miniers. Selon une enquête publiée par Reuters le 22 septembre 2026, ce guichet regrouperait l’enregistrement des entreprises, les licences, la fiscalité et les procédures de conformité. Les projets en coentreprise dépassant un milliard USD et bénéficiant de régimes fiscaux particuliers seraient les premiers concernés.
Le Gouvernement congolais veut réduire le temps nécessaire au traitement des grands dossiers d’investissement minier. D’après quatre sources consultées par Reuters, une nouvelle structure administrative est en préparation afin de centraliser plusieurs procédures aujourd’hui prises en charge par différentes administrations. La réforme serait conduite par les ministères des Finances et de l’Économie nationale, avec l’objectif de raccourcir des démarches d’autorisation pouvant durer plusieurs mois.
Le dispositif envisagé couvrirait plusieurs étapes du parcours d’un investisseur, depuis l’immatriculation de l’entreprise jusqu’aux questions de licences, de fiscalité et de conformité réglementaire. Un responsable gouvernemental cité par Reuters indique que son périmètre initial viserait les coentreprises représentant plus d’un milliard USD et opérant sous des régimes fiscaux particuliers. Sicomines, entreprise sino-congolaise active dans le cuivre et le cobalt, est citée comme exemple de ce type de projet.
L’intérêt économique de cette centralisation réside dans la coordination des procédures. Pour un grand projet minier, la préparation de l’investissement mobilise des compétences administratives distinctes, notamment pour la création de l’entreprise, l’obtention des autorisations minières et l’application du régime fiscal. Le futur guichet chercherait à limiter les délais liés à cette fragmentation, sans que ses attributions juridiques définitives soient encore connues.
Une réforme qui prolonge le dossier du guichet unique fiscal
Cette initiative intervient alors qu’une réforme proche est déjà engagée. En juillet 2026, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, avait défendu devant le Parlement un projet de loi instituant le Guichet unique des recettes des conventions de collaboration. Lepoint.cd avait alors expliqué que ce mécanisme devait centraliser la gestion des recettes provenant de grands projets bénéficiant de conventions particulières, notamment Sicomines, et réduire la multiplication des intervenants dans leur collecte.
Les informations publiées par Reuters décrivent toutefois un périmètre administratif plus large, puisqu’elles incluent également l’enregistrement des entreprises, les licences et la conformité. La documentation disponible ne permet pas encore d’établir si ce dispositif constituera une structure distincte du guichet des recettes présenté en juillet ou une extension de celui-ci. Cette distinction dépendra du texte définitif et de la répartition des compétences entre les administrations concernées.
Le projet s’inscrit également dans la mise en œuvre du partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington. Le 11 septembre, le Gouvernement avait déjà adopté le projet de décret instituant la Task Force RDC–USA, chargée de coordonner les engagements liés à cet accord. Cette structure de pilotage doit être distinguée du guichet administratif désormais évoqué, dont la fonction serait de traiter les démarches des investisseurs.
Un mécanisme ouvert aux investisseurs chinois, américains et européens
Selon les sources interrogées par Reuters, le futur dispositif ne serait pas réservé aux entreprises américaines. Les investisseurs chinois, européens et ceux d’autres pays pourraient également y accéder. Cette ouverture concerne directement la structure du secteur minier congolais, où les capitaux chinois occupent déjà une place importante dans plusieurs grands complexes de cuivre et de cobalt.
Le calendrier reste conditionné à la finalisation de la réforme. Un responsable gouvernemental cité anonymement par Reuters indique que le texte instituant la structure doit encore être promulgué. Eric Ndeh, directeur international de l’organisation Afrewatch, évoque pour sa part un objectif de mise en fonctionnement avant la fin de 2026. Les ministères des Mines et des Finances n’avaient pas répondu aux sollicitations de Reuters au moment de la publication de son enquête.
Pour les investisseurs, l’effet du mécanisme dépendra de ses compétences effectives, de sa capacité à coordonner les administrations et des délais de traitement qu’il pourra garantir. Pour l’État, il faudra également préciser comment la simplification des procédures s’articulera avec le contrôle des titres miniers, le respect des obligations fiscales et le suivi des engagements contractuels.
La publication du texte instituant le guichet permettra de connaître les catégories exactes de projets éligibles, les administrations représentées, les procédures centralisées et les délais applicables. Ce sont ces paramètres qui permettront ensuite de mesurer la réduction effective du temps nécessaire au lancement des investissements miniers concernés.
M. KOSI









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