Les investissements miniers américains en République démocratique du Congo commencent à se traduire par des activités sur le terrain. Lors d’un entretien accordé à New York le 24 septembre 2026, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté les avancées de Chemaf et de KoBold Metals. La première a commencé l’extraction mécanisée à Mutoshi, tandis que la seconde poursuit ses recherches géologiques sur un portefeuille de 14 permis couvrant plus de 3 000 km², selon les dernières informations recueillies par l’AFP.
Le partenariat minier entre Kinshasa et Washington se concrétise à travers deux projets qui mobilisent des capitaux américains à des stades différents de développement. En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a évoqué le redémarrage des installations de Chemaf et les travaux d’exploration engagés par KoBold Metals, notamment dans les zones riches en lithium du sud-est congolais.
Dans un entretien accordé le 24 septembre à Top Congo FM, le ministre a confirmé l’avancement des travaux chez Chemaf, dont la remise en production est attendue au début de 2027. Il a également indiqué que KoBold avait commencé ses activités de recherche, parallèlement à la poursuite des discussions sur le développement du lithium à Manono.
Chemaf prépare son usine de Mutoshi pour début 2027
Reprise en mars 2026 par l’américain Virtus Minerals et son partenaire indien Lloyds Metals & Energy, Chemaf a commencé l’extraction mécanisée à Mutoshi au début du mois de septembre. Le minerai extrait est actuellement stocké en prévision de la mise en service de l’usine de traitement, dont l’achèvement est visé pour le début de 2027.
Dans sa communication du 10 septembre, Virtus Minerals annonçait une capacité industrielle prévue de 50 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an une fois Mutoshi pleinement opérationnel. La documentation technique toujours publiée par Chemaf retient cependant une capacité de 16 000 tonnes de cobalt contenu. Une actualisation officielle des paramètres industriels permettra de préciser la configuration définitive de l’usine.
Le redémarrage de Mutoshi s’inscrit dans une restructuration plus large. Chemaf affirme avoir préservé environ 2 000 emplois existants, tandis que quelque 2 000 contractants supplémentaires participent aux travaux de construction à Mutoshi et à Étoile, près de Lubumbashi.
Lepoint.cd avait déjà documenté, le 21 septembre, la réduction annoncée de l’endettement de Chemaf et l’accord de principe obtenu auprès du Gouvernement congolais pour régler ses anciens contentieux fiscaux et douaniers. Le lancement de l’extraction mécanisée constitue désormais un indicateur physique supplémentaire de la reprise des activités, distinct de la future production commerciale.
KoBold couvre plus de 3 000 km², mais Manono reste soumis aux différends miniers
KoBold Metals poursuit, de son côté, une stratégie fondée sur l’exploration géologique assistée par l’intelligence artificielle. Selon un reportage de l’AFP publié le 25 septembre, l’entreprise américaine a obtenu 14 permis d’exploration depuis 2025, couvrant ensemble plus de 3 000 km² en RDC.
Ce chiffre actualise les sept premiers permis attribués en août 2025, dont Lepoint.cd avait rapporté l’octroi par le Cadastre minier. KoBold a installé une base opérationnelle à Manono et mène des travaux de terrain depuis avril 2026. Ses équipes prélèvent en moyenne 2 000 échantillons de sol par semaine, dont les résultats alimentent ses modèles géologiques afin d’orienter les recherches et les futurs forages.
L’entreprise prévoit de mobiliser plus de 50 millions USD en RDC d’ici début 2027. Cet engagement, déjà annoncé en avril, concerne principalement l’exploration. Il ne correspond pas au financement de la construction d’une mine.
Le développement du lithium à Manono reste également lié à la résolution des différends portant sur certains droits miniers. L’australien AVZ Minerals conteste notamment le retrait de ses droits sur une partie du gisement. KoBold a indiqué qu’elle ne lancerait pas les travaux de construction sur le périmètre concerné avant le règlement de ces litiges.
Sur une autre partie du gisement, le chinois Zijin Mining et ses partenaires congolais ont déjà commencé la production et les premières exportations de concentré de lithium vers la Chine en 2026.
Les deux investissements américains présentent ainsi des échéances industrielles distinctes. Pour Chemaf, la prochaine mesure sera la mise en service de l’usine de Mutoshi et le démarrage de sa production commerciale en 2027. Pour KoBold, les résultats des campagnes d’exploration et l’évolution des discussions sur les droits miniers détermineront la poursuite du projet de Manono.
Noella NGOLA









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