La Banque centrale du Congo a reçu l’ambassadeur de Tanzanie en RDC et le fondateur de la société de courtage Kadoo Securities, venus présenter un projet d’investissement dans la fintech et les marchés financiers congolais. L’échange survient quelques semaines seulement après la promulgation de la première loi organisant les marchés boursiers du pays.
La Banque centrale du Congo (BCC) a reçu S.E. Said Juma Mshana, ambassadeur de la République-Unie de Tanzanie en RDC, et Deogratius E. Marandu, fondateur et président du conseil d’administration de Kadoo Securities Company Limited, société de courtage et de conseil en investissement basée à Dar es Salaam. L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) a pris part à la rencontre, représentée par sa directrice générale Rachel Pungu et l’experte senior Elsa Ruke.
Les discussions ont porté sur le projet d’investissement de Kadoo en RDC, avec un intérêt marqué pour la fintech et les marchés financiers, deux segments encore embryonnaires dans le pays. Le gouverneur André Wameso a orienté les investisseurs vers la Direction générale de la supervision bancaire et financière de la BCC pour les modalités réglementaires, signe que le dossier en est encore au stade de la prise de contact et non de l’autorisation ou de l’agrément.
La loi boursière d’août a précédé la visite de quelques semaines

Cette démarche intervient dans un contexte particulier. Le 20 août 2026, la RDC a adopté sa première loi organisant les marchés boursiers, publiée au Journal officiel le 2 septembre 2026. Le texte crée le cadre juridique de la future Kinshasa Stock Exchange, ainsi qu’une autorité de régulation dédiée, des dépositaires centraux et des banques de règlement. Devant le Sénat, le ministre des Finances Doudou Fwamba a résumé l’attente en évoquant 55 ans avant qu’un tel texte ne voie le jour, un délai qui, selon lui, a privé l’économie congolaise de moyens de financement alternatifs au crédit bancaire. La Société financière internationale accompagne le projet depuis un accord de coopération signé en juin, et le ministre évoque un lancement possible dès 2027.
Tant que l’autorité des marchés boursiers prévue par la loi n’est pas opérationnelle, c’est la supervision bancaire de la BCC qui continue de traiter les dossiers touchant à la finance et aux capitaux, ce qui explique l’orientation donnée aux investisseurs tanzaniens.
Pour Kadoo Securities, connue à Dar es Salaam pour ses notes de recherche sur des valeurs cotées tanzaniennes comme NMB Bank ou Vodacom Tanzania, une implantation en RDC représenterait une extension régionale vers un marché de capitaux qui reste entièrement à construire. Aucun montant d’investissement ni calendrier n’a été communiqué à l’issue de la rencontre.
Cette démarche s’inscrit aussi dans le resserrement des échanges entre Kinshasa et Dodoma, quelques semaines après la rencontre d’août entre les présidents Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan, au cours de laquelle le numérique figurait parmi les axes de coopération évoqués. Reste à voir si cet intérêt se traduira par une demande d’agrément concrète une fois l’autorité des marchés boursiers mise en place, et si d’autres courtiers régionaux emboîteront le pas avant l’ouverture effective de la Bourse de Kinshasa.
M. KOSI









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