Chemaf Resources affirme avoir fortement réduit son endettement et obtenu du Gouvernement congolais un accord de principe pour régler les contentieux fiscaux, douaniers et non fiscaux hérités de son ancienne structure. Cinq mois après son rachat par Virtus Minerals et Lloyds Metals, l’entreprise poursuit parallèlement les travaux à Étoile et Mutoshi, avec 2 000 emplois maintenus et environ 2 000 contractants mobilisés pendant la phase de construction.
Chemaf veut désormais sortir de la restructuration financière pour concentrer ses ressources sur la remise en production de ses actifs de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Dans une communication publiée le 22 septembre 2026, la société indique que les négociations menées avec ses créanciers ont permis de réduire sensiblement les dettes encore inscrites à son bilan. Elle ajoute que le Gouvernement congolais a approuvé en principe un règlement global des anciens différends fiscaux, douaniers et non fiscaux.
L’entreprise ne précise toutefois ni le montant des créances publiques concernées, ni les conditions financières du règlement envisagé. Cet accord de principe ne doit donc pas être assimilé à une annulation déjà exécutée des obligations de Chemaf. Il représente plutôt, selon l’entreprise, une étape dans l’assainissement du passif accumulé avant son changement d’actionnaires.
Le dossier financier est important. En juillet, Semafor avait rapporté que les nouveaux propriétaires avaient conclu des accords avec des créanciers représentant la majorité d’une dette totale évaluée à 804 millions USD, intérêts compris. Ces accords devaient permettre de réduire l’endettement de plus de moitié. Quelques mois auparavant, Reuters avait évoqué une reprise de Chemaf accompagnée d’environ 900 millions USD de passif, après plusieurs années de difficultés financières et de suspension de certains investissements.
La société avait changé de contrôle fin mars. Virtus Lloyds Minerals Holding a acquis 100 % de Chemaf Group. Le véhicule est détenu à 51 % par l’américain Virtus Minerals Group et à 49 % par une filiale de l’indien Lloyds Metals and Energy.
Étoile et Mutoshi restent au centre du redémarrage
Le redressement financier doit soutenir deux actifs principaux. Étoile, à Lubumbashi, fait l’objet d’une extension destinée à prolonger l’exploitation vers les minerais mixtes et sulfurés. Mutoshi, près de Kolwezi, constitue le principal projet de développement de Chemaf et comprend une mine à ciel ouvert et une usine intégrée de traitement.
Selon les données publiées par Chemaf, les deux actifs nécessitaient encore 250 à 300 millions USD de dépenses pour être amenés jusqu’à leur configuration de production prévue, après plus de 570 millions USD déjà investis. La capacité industrielle affichée pour Mutoshi atteint 50 000 tonnes de cathodes de cuivre et 16 000 tonnes de cobalt contenu par an.
La société indique désormais que les deux sites approchent de leur achèvement et sont progressivement préparés à une reprise de la production. Cette formulation ne signifie toutefois pas que les deux complexes fonctionnent déjà à leur capacité nominale. En juillet, Lloyds Metals visait encore une production à échelle commerciale en 2027, tandis que Semafor indiquait qu’Étoile restait alors à l’arrêt.
Cette remise en activité s’accompagne d’un effort sur l’emploi. Chemaf affirme que 2 000 postes existants ont été préservés lors du changement d’actionnaires et qu’environ 2 000 contractants supplémentaires travaillent actuellement sur Étoile et Mutoshi pendant la phase de construction. L’entreprise indique également que certains salariés ayant quitté Chemaf pendant les années d’incertitude reviennent progressivement dans ses effectifs.
Ces chiffres introduisent une nouvelle dimension dans un dossier déjà suivi par notre rédaction. En juin, le journal avait rapporté les premières discussions entre Virtus Minerals et le ministère des Mines sur le redémarrage d’Étoile et de Mutoshi. Plus récemment, l’implantation de Lloyds dans Chemaf avait également été intégrée à l’analyse de la stratégie indienne d’approvisionnement en cuivre et cobalt congolais.
La nouvelle information porte donc moins sur le changement de propriétaire que sur l’assainissement du bilan et des passifs historiques. Pour Chemaf, la prochaine mesure tangible sera la transformation de ces accords avec les créanciers et l’État en capacité effective d’investissement, puis en volumes réellement produits à Étoile et Mutoshi.
Peter MOYI









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