Le projet solaire avec stockage installé à Luishia, dans le Haut-Katanga, a achevé avec succès sa mise sous tension le 19 juin 2026. L’installation associe 32 MWp de capacité photovoltaïque à 58 MWh de stockage et doit fournir une puissance stable de 14 MW à la mine de cuivre-cobalt. Son approvisionnement annuel est annoncé à plus de 50 millions de kWh, avec l’objectif de réduire la dépendance du site au diesel et aux fluctuations du réseau électrique.
Le secteur minier congolais dispose d’un nouveau cas d’intégration du solaire et du stockage à grande échelle. À Luishia, à environ 80 kilomètres de Lubumbashi, China Railway Seventh Group a achevé le 19 juin les opérations de raccordement et de mise sous tension d’un micro-réseau destiné à sécuriser l’alimentation électrique des opérations minières.
Selon China Railway Group, la centrale affiche une capacité photovoltaïque de 32 MWp et une capacité de stockage de 58 MWh. Le système doit fournir une puissance stable de 14 MW et assurer plus de 50 millions de kWh d’électricité par an. L’entreprise indique également que l’installation est conçue pour couvrir jusqu’à 11 heures d’approvisionnement pendant la journée.
Le projet repose sur un contrat d’achat d’électricité de long terme. Le constructeur prend en charge la conception, l’approvisionnement, la construction, le raccordement, l’exploitation et la maintenance de l’installation. Cette architecture rapproche le projet d’un modèle énergétique intégré dans lequel l’investissement et l’exploitation de la centrale sont associés à la vente d’électricité au site minier.
Près de 50 000 panneaux installés en 80 jours
Green World Energie SARL, qui présente le projet comme développé avec China Railway Seventh Group, indique que les travaux ont nécessité l’installation de près de 50 000 modules photovoltaïques, plus de 250 kilomètres de câbles et plus de 300 équipements principaux.
Selon l’entreprise, cette phase a été exécutée en environ 80 jours, malgré les contraintes liées à la saison des pluies et à la logistique transfrontalière. Green World présente également Luishia comme une première réalisation de ce type en Afrique pour une exploitation minière. Cette qualification émane de l’entreprise et n’est pas étayée, dans les sources consultées, par un classement indépendant recensant l’ensemble des micro-réseaux miniers du continent.
L’intérêt économique de l’installation réside surtout dans sa capacité à fournir une énergie plus prévisible à une activité minière fortement dépendante de l’électricité. Dans le Copperbelt congolais, les déficits d’approvisionnement obligent régulièrement les opérateurs à compléter le réseau par des groupes électrogènes ou d’autres sources de secours, avec un impact direct sur les coûts d’exploitation.
À Luishia, le stockage doit permettre d’atténuer une partie de l’intermittence du solaire et de stabiliser la puissance fournie aux équipements industriels. Le modèle ne signifie toutefois pas que la mine fonctionne exclusivement à l’énergie solaire. Les 14 MW correspondent à la puissance stable annoncée du micro-réseau et doivent être replacés dans le besoin énergétique total du site, qui n’est pas précisé dans les informations publiques disponibles.
Un modèle à suivre pour les mines du Copperbelt
Le projet est particulièrement significatif pour le Haut-Katanga et le Lualaba, où la croissance de la production de cuivre et de cobalt accroît la demande énergétique des mines, des concentrateurs et des unités métallurgiques.
Le modèle PPA permet à un opérateur minier d’accéder à une nouvelle capacité électrique sans nécessairement financer seul l’intégralité de la centrale. Pour les investisseurs énergétiques, il offre en contrepartie un client industriel disposant d’une consommation importante et relativement prévisible.
Le principal indicateur à suivre sera désormais la production réellement délivrée par Luishia. La cible de plus de 50 GWh par an permettra de mesurer le facteur d’utilisation de l’installation, la performance du stockage et la part de consommation diesel effectivement évitée.
Si ces performances sont confirmées sur plusieurs mois, Luishia pourra servir de référence pour d’autres projets énergétiques associés aux mines congolaises. Dans un secteur où l’accès à une électricité fiable conditionne directement la production et les coûts, la multiplication des centrales hybrides pourrait devenir aussi importante que l’ouverture de nouvelles capacités minières.
H. KABAMBA









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