Le gouvernement a lancé le 6 octobre 2026 à Kinshasa les consultations sur le déploiement progressif de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), d’abord auprès des fonctionnaires puis des travailleurs de l’économie informelle. Le dispositif repose sur une cotisation de 2,5 % du revenu, destinée à financer un paquet de soins de base de 36 à 39 USD par personne et par an.
La cérémonie était présidée par le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, au nom de la Première ministre, avec le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba. Selon ce dernier, la réforme repose sur un financement renforcé, la disponibilité des médicaments, la digitalisation et la régulation du secteur. Le directeur général du Fonds de solidarité de santé (FSS), chargé de la mise en œuvre, et une représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont présenté leurs rôles respectifs.
Le ministère de la Santé a indiqué en septembre que 100 000 cartes d’assurance étaient disponibles et que 3 millions d’autres avaient été commandées. L’assuré présente sa carte à l’hôpital, qui est réglé directement par le système.
Le niveau de la cotisation pose toutefois la question du financement des travailleurs aux revenus faibles. Pour qu’une cotisation de 2,5 % finance à elle seule un paquet de 36 à 39 USD, il faut un revenu annuel de 1 440 à 1 560 USD, soit 120 à 130 USD par mois, d’après un calcul de Lepoint.cd. Pour les salariés, la cotisation de 2,5 % du salaire brut se répartit entre le travailleur (0,5 %) et l’employeur (2 %). La taxe de promotion de la santé, en vigueur sur certaines importations depuis un arrêté publié le 3 février 2026, doit compléter le financement de la couverture santé universelle.
Le point de départ est élevé. En 2021, les ménages ont directement payé 40 % de la dépense courante de santé, selon l’analyse du financement de la santé en RDC, contre un seuil recommandé par l’OMS de 20 à 25 %. Les revenus irréguliers des travailleurs informels obligent à adapter les modalités de paiement pour assurer la continuité de leur couverture.
Le calendrier des affiliations et la part des dépenses restant à la charge des familles seront les deux indicateurs à suivre.









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