Gridworks Development Partners, filiale de British International Investment, a signé à Kinshasa des accords pour devenir le principal investisseur en fonds propres du projet d’interconnexion Kalumbila-Kolwezi (KKIP). La ligne de 200 kilomètres, estimée à 300 millions USD, doit acheminer jusqu’à 700 mégawatts (MW) de la Zambie vers le Katanga.
Gridworks investit aux côtés du Fonds d’investissement stratégique de la RDC (FIS-RDC) et d’EnPower, développeur du projet depuis 2017. Trafigura a accepté d’organiser une « part significative » du financement par la dette, selon le communiqué conjoint rapporté par Bloomberg. Des discussions sont en cours avec des institutions zambiennes sur un co-investissement. Le financement n’est donc pas encore bouclé.
Le projet relie le réseau zambien au pôle minier du Lualaba et de Haut-Katanga. La ligne partirait de Kalumbila, en Zambie, et rejoindrait le réseau de la Société nationale d’électricité (SNEL) à Kolwezi. Elle est conçue pour dépasser le gigawatt par extension. Selon Gridworks, ce serait le premier projet de transport d’électricité transfrontalier développé et financé par des capitaux privés en Afrique.
Une capacité qui couvre au plus 70 % du déficit
Gridworks évalue le déficit électrique de la RDC à plus de 1 gigawatt, largement comblé par la production au diesel, plus coûteuse. Avec 700 MW, la ligne couvrirait au plus 70 % de cet écart, d’après un calcul de Lepoint.cd. Rapporté à la capacité, le coût de 300 millions USD revient à environ 0,43 million USD par MW de capacité de transport. Le budget a augmenté, puisqu’EnPower l’estimait à 250 millions USD précédemment, soit une hausse de 20 %.
Le groupe indique que les projets miniers et de raffinage actuellement à l’arrêt, faute d’électricité, seraient les premiers bénéficiaires, et que la ligne dispose d’une capacité pour desservir aussi la population. Son directeur général, Christopher Flavin, présente le projet comme une base pour de nouveaux investissements de transport transfrontalier en Afrique australe. Pour la Zambie, la ligne ouvre des débouchés à l’exportation d’électricité pour les producteurs et une capacité de transport pour les opérateurs licenciés.
EnPower avait déjà signé en 2025 un contrat d’approvisionnement de 350 MW avec la compagnie zambienne ZESCO et obtenu une licence d’importation d’électricité en RDC. La ligne de 700 MW a donc une capacité double de la fourniture contractualisée à ce stade. Le régulateur zambien avait validé le projet le 6 mai 2025.
La clôture du financement, avec la dette organisée par Trafigura et la participation zambienne, sera l’indicateur à suivre avant le lancement des travaux.









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