À Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le Fonds de Promotion de l’Industrie de la RDC a plaidé pour une meilleure préparation des projets industriels africains avant leur financement. Le FPI estime que plusieurs projets échouent moins par manque d’argent que par faiblesse technique et financière dès leur conception.
Réunis dans le cadre de la 52ᵉ session ordinaire de l’Association des Institutions Financières de Développement, les responsables des institutions financières africaines ont échangé sur les difficultés liées au financement du développement et de l’industrialisation du continent. Lors d’un panel consacré à la préparation et au financement des projets industriels, le directeur général du Fonds de Promotion de l’Industrie, Hervé Claude Batukonke, a insisté sur l’importance des études techniques, de la gouvernance et de la structuration financière avant toute mobilisation de capitaux.
Selon lui, un projet industriel doit suivre un cycle complet allant de la conception jusqu’à la réalisation. Dans un contexte où les besoins de financement augmentent partout en Afrique alors que les ressources restent limitées, les bailleurs privilégient désormais les projets capables de démontrer leur rentabilité et leur viabilité économique. « On peut bien financer un projet, mais s’il n’est pas bien analysé, il est voué à l’échec », a expliqué le responsable du FPI devant les participants.
Le cofinancement régional présenté comme une solution
Le directeur général du FPI a aussi mis en avant la nécessité de renforcer les partenariats entre institutions financières africaines afin de développer davantage le cofinancement régional. Cette approche permettrait de partager les risques et d’augmenter les capacités de financement des projets industriels et productifs. Le FPI affirme vouloir consolider progressivement sa coopération avec des partenaires régionaux et internationaux pour soutenir davantage les investissements industriels en RDC.
Les discussions interviennent dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à accélérer leur industrialisation et la transformation locale de leurs matières premières. Les secteurs des minerais, de l’agriculture, de l’énergie et des infrastructures figurent parmi les priorités évoquées pendant les travaux. Pour plusieurs experts présents à Brazzaville, les difficultés rencontrées par certains projets africains proviennent souvent de faiblesses dans les études de faisabilité, l’organisation financière ou la préparation technique, ce qui réduit les chances d’obtenir des financements durables.
L’Association des Institutions Financières de Développement regroupe plus de 100 institutions africaines et fonctionne sous le parrainage de la Banque africaine de développement. Ouvrant les travaux, Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille du Congo-Brazzaville, a estimé que les contraintes économiques du continent peuvent devenir des opportunités d’investissement si les États améliorent leurs capacités de financement et renforcent la coopération régionale autour des projets de développement.
— Joldie KAKESA


