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BAD : l’Afrique confrontée à un déficit de financement de 1 300 milliards USD par an

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Dernière mise à jour : mai 28, 2026 8:53 am
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il y a 2 heures
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L’Afrique continue d’afficher une résilience économique remarquable dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations commerciales et le durcissement des conditions financières internationales. C’est le principal enseignement du rapport Perspectives économiques en Afrique 2026, présenté mardi 26 mai à Brazzaville à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Selon l’institution panafricaine, la croissance du continent devrait atteindre 4,2 % en 2026, après une progression estimée à 4,4 % en 2025. Une reprise à 4,4 % est également attendue en 2027, confirmant la capacité de l’Afrique à maintenir une dynamique économique soutenue malgré un environnement international incertain.

Dans son rapport, la BAD souligne que les performances enregistrées en 2025 ont été portées par une amélioration de la gestion macroéconomique, la hausse des prix des matières premières, une production agricole plus robuste ainsi que la poursuite des réformes structurelles dans plusieurs pays africains. Au total, vingt-deux économies du continent devraient afficher une croissance supérieure à 5 %.

L’Afrique de l’Est reste en tête

D’après le rapport, l’Afrique de l’Est devrait conserver son rang de région la plus dynamique du continent, avec une croissance projetée à 5,9 % en 2026, malgré un ralentissement par rapport aux 6,6 % enregistrés en 2025. Cette baisse est principalement liée à l’augmentation des coûts énergétiques et des importations provoquée par les tensions au Moyen-Orient.

En outre, l’Afrique de l’Ouest devrait maintenir une croissance relativement stable autour de 4,7 %, soutenue par les investissements dans les infrastructures et les performances du secteur agricole.

En Afrique centrale, la croissance économique devrait légèrement progresser, passant de 3,6 % en 2025 à 3,8 % en 2026, grâce notamment au maintien de prix élevés du pétrole.

Par contre, l’Afrique australe devrait continuer de subir les effets du recul de la production minière et agricole ainsi que de la hausse des coûts énergétiques. Sa croissance est attendue à 2,1 % en 2026 contre 2,3 % en 2025.

L’Afrique du Nord devrait également enregistrer un léger ralentissement, avec une croissance projetée à 4 % en 2026 contre 4,4 % l’année précédente, en raison notamment du recul de la demande touristique en provenance des pays du Golfe et des perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Malgré ces perspectives encourageantes, la BAD met en garde contre plusieurs facteurs de vulnérabilité susceptibles de freiner l’élan économique du continent.

Pour la BAD, l’inflation devrait rester élevée, autour de 10,4 % en 2026, accentuant les pressions sur les ménages et les finances publiques. Les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés financiers et les perturbations prolongées du commerce mondial pourraient également aggraver les déséquilibres budgétaires et extérieurs des États africains.

Le rapport évoque aussi les risques liés à la dépréciation des monnaies africaines et à l’alourdissement de la dette publique dans plusieurs pays.

Au-delà des perspectives de croissance, le rapport dresse un constat préoccupant sur les besoins de financement du continent. Selon la BAD, l’Afrique fait face à un déficit annuel de plus de 1 300 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

L’institution estime toutefois que ce déficit peut être réduit grâce à des réformes ambitieuses. Une meilleure mobilisation des recettes fiscales, la lutte contre les flux financiers illicites, l’amélioration de l’efficacité des investissements publics ainsi que le développement des partenariats public-privé pourraient permettre au continent de mobiliser jusqu’à 1 430 milliards de dollars par an.

La BAD souligne également le potentiel encore peu exploité des investisseurs institutionnels africains. Les fonds de pension, compagnies d’assurance et fonds souverains du continent gèrent près de 4 000 milliards de dollars d’actifs, mais moins de 2,7 % de ces ressources sont actuellement orientées vers les infrastructures et les secteurs productifs africains.

Eldad B.

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