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Coltan de Rubaya : Global Witness interpelle les géants de la tech

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Dernière mise à jour : juin 10, 2026 10:50 am
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il y a 2 heures
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Coltan
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Les conclusions du rapport de Global Witness sur le trafic présumé de coltan de Rubaya rendues publiques ce mercredi 10 Juin dépassent largement le cadre des accusations visant le M23 et certains opérateurs miniers rwandais. L’enquête remet en question l’efficacité même des mécanismes internationaux de certification censés empêcher les minerais de conflit d’alimenter les marchés mondiaux, tout en plaçant sous surveillance les chaînes d’approvisionnement de plusieurs multinationales de l’électronique.

Au centre des interrogations figure le programme ITSCI, principal système de traçabilité des minerais 3T (coltan, cassitérite et wolframite) utilisé dans la région des Grands Lacs. Selon Global Witness, des quantités importantes de coltan extraites dans les mines de Rubaya, sous contrôle du M23 depuis avril 2024, auraient réussi à intégrer les circuits commerciaux internationaux malgré les dispositifs de contrôle censés empêcher ce type de situation.

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Les conclusions du rapport de Global Witness sur le trafic présumé de coltan de Rubaya rendues publiques ce mercredi 10 Juin dépassent largement le cadre des accusations visant le M23 et certains opérateurs miniers rwandais. L’enquête remet en question l’efficacité même des mécanismes internationaux de certification censés empêcher les minerais de conflit d’alimenter les marchés mondiaux, tout en plaçant sous surveillance les chaînes d’approvisionnement de plusieurs multinationales de l’électronique.Des mines du Nord-Kivu aux usines asiatiques

L’organisation affirme avoir recueilli des témoignages de négociants selon lesquels du minerai provenant de Rubaya aurait reçu des étiquettes de certification après son introduction au Rwanda, lui permettant d’être commercialisé comme du coltan d’origine rwandaise. Ces allégations alimentent les interrogations sur la fiabilité du système de traçabilité alors que les exportations rwandaises de coltan ont fortement progressé ces dernières années.

L’enquête s’intéresse également à Better Mining, un autre mécanisme de contrôle utilisé dans le secteur minier. Global Witness estime que certaines entreprises soupçonnées d’avoir participé au commerce de coltan issu de zones de conflit auraient entretenu des liens avec ce système de certification. L’organisation considère que si ces faits étaient établis, ils mettraient en évidence des failles dépassant le seul cadre d’ITSCI.

De son côté, Better Mining rejette toutefois les conclusions du rapport et affirme ne disposer d’aucune preuve démontrant l’intégration de minerais de conflit dans son dispositif. Au-delà des systèmes de certification, Global Witness remet également en cause l’efficacité des audits réalisés auprès des fonderies chargées de transformer le coltan en tantale. A l’en croire, les mécanismes de diligence raisonnable appliqués par l’industrie n’auraient pas permis de détecter l’arrivée de minerais provenant de zones sous contrôle armé.

L’ONG souligne notamment la complexité des circuits commerciaux internationaux, où les cargaisons transitent souvent par plusieurs intermédiaires avant d’atteindre les unités de transformation. Une situation qui rend plus difficile la vérification de l’origine réelle des minerais.

Des mines du Nord-Kivu aux usines asiatiques

Par ailleurs, le rapport retrace le parcours présumé du coltan extrait à Rubaya. Après son passage au Rwanda, le minerai serait exporté via les ports de Mombasa, au Kenya, et de Dar es Salaam, en Tanzanie, avant d’être acheminé vers des négociants internationaux puis vers des fonderies principalement implantées en Chine et au Kazakhstan.

Une fois transformé en tantale, ce métal stratégique est utilisé dans la fabrication de composants électroniques présents dans les smartphones, les ordinateurs, les infrastructures de télécommunications ou encore les véhicules électriques. Selon Global Witness, ce processus pourrait conduire du coltan provenant de l’est de la RDC jusqu’aux chaînes d’approvisionnement de grandes entreprises technologiques et industrielles internationales.

L’organisation cite notamment Apple, Microsoft, Amazon, Sony, Nvidia, Ericsson, Vodafone, LG Display et Toyota parmi les groupes susceptibles d’être exposés indirectement à ce minerai à travers leurs fournisseurs.
Global Witness précise toutefois qu’aucune de ces entreprises n’est accusée d’avoir acheté directement du coltan auprès du M23 ou d’acteurs impliqués dans la contrebande.

Pour l’ONG, les révélations contenues dans cette enquête constituent un sérieux avertissement pour l’ensemble du système international de certification mis en place depuis plus d’une décennie afin de rompre le lien entre exploitation minière et financement des conflits armés. Le rapport estime que les mécanismes actuels n’ont pas permis d’empêcher l’intégration de volumes significatifs de coltan provenant de zones contrôlées par des groupes armés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Global Witness appelle ainsi les entreprises, les organismes de certification et les autorités de régulation à renforcer les contrôles et à accroître la transparence du commerce des minerais stratégiques.

Eldad B.

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