Commerce RDC–Royaume-Uni : les produits agricoles congolais admis à 0 % de taxe

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Le Royaume-Uni ouvre ses portes aux produits agricoles congolais sans aucune taxation douanière. Une décision stratégique rendue publique à Kinshasa le 17 juin 2025, à l’issue d’un échange entre le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, et Kumar Iyer, ambassadeur britannique désigné auprès des Nations unies et de l’OMC. L’annonce, relayée par le ministre sur le réseau X (ex-Twitter), concerne notamment le café, le cacao et diverses épices, qui accèdent désormais au marché britannique à un taux douanier nul.

Cette suppression tarifaire, qui s’inscrit dans le nouveau régime commercial britannique mis en œuvre après le Brexit, permet à la RDC de gagner un accès préférentiel à un marché estimé à plus de 67 millions de consommateurs. Elle représente une opportunité concrète d’élargir les débouchés pour un secteur agricole congolais encore sous-exploité, mais au potentiel d’exportation significatif.

En 2023, les exportations agricoles formelles de la RDC n’ont représenté que 2,3 % de l’ensemble des recettes extérieures, selon la Banque centrale du Congo, un chiffre marginal comparé aux ressources minières. Le café congolais, par exemple, reste prisé pour ses qualités organoleptiques, mais souffre d’une chaîne de valeur peu structurée. La suppression des droits d’entrée pourrait déclencher une réorganisation incitative de la filière et stimuler les investissements dans les infrastructures de transformation. À titre indicatif, les droits de douane précédemment appliqués par Londres sur ces produits variaient entre 8 % et 14 %, selon le HS code.

L’accord inclut également un volet de mise en conformité : les produits exportés devront répondre aux standards britanniques stricts en matière de certification phytosanitaire. Un défi pour les petits producteurs congolais, souvent exclus des circuits formels faute d’accréditations. Le ministère du Commerce extérieur a confirmé que des mécanismes d’appui technique seraient mis en place pour accompagner cette transition, en lien avec les institutions de normalisation locales.

L’entretien de Kinshasa a par ailleurs permis d’évoquer l’état des infrastructures douanières du pays. Le Royaume-Uni a manifesté son intention de soutenir la construction d’un poste frontalier à arrêt unique à Mahagi, en Ituri, un axe stratégique pour le commerce transfrontalier avec l’Ouganda. Cette infrastructure vise à fluidifier les échanges et à réduire le coût logistique moyen, qui représente actuellement plus de 30 % de la valeur des marchandises dans l’espace CEPGL, selon les estimations de la CEA.

Julien Paluku a, en marge de cette avancée commerciale, invité les investisseurs britanniques à s’orienter vers les secteurs à haute intensité de valeur ajoutée. Les infrastructures de transport, les technologies de traitement industriel et l’énergie sont identifiés comme prioritaires dans la stratégie nationale d’industrialisation. Une équipe bilatérale a été chargée de coordonner les prochaines étapes, avec pour mandat de consolider cette ouverture commerciale par des projets d’investissement concrets.

Peter MOYI.

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