Après plusieurs mois de suspension liée à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le gouvernement congolais annonce la reprise de plusieurs projets d’infrastructures frontalières financés par la Banque mondiale. Ces investissements visent à fluidifier les échanges commerciaux, réduire les coûts logistiques et renforcer l’intégration économique de la RDC avec les pays voisins.
Réuni mardi à Kinshasa, le Comité interministériel de pilotage du Projet de Facilitation du Commerce et d’Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL) a validé la relance des principaux chantiers suspendus dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette décision fait suite à l’amélioration de la situation sécuritaire observée à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, qui a conduit la Banque mondiale à lever les restrictions pesant sur plusieurs investissements.
Le Projet de Facilitation du Commerce et d’Intégration dans la Région des Grands Lacs constitue l’un des principaux programmes du gouvernement destinés à améliorer le commerce transfrontalier. Financé par la Banque mondiale, il cible principalement les petits commerçants, les opérateurs économiques locaux et les femmes qui vivent du commerce entre la RDC et les pays voisins.
La reprise des financements permettra de lancer plusieurs infrastructures stratégiques. Les travaux concernent la réhabilitation du port lacustre de Kalundu, la construction des postes frontaliers de Kavimvira, Sange et Luvungi, ainsi que l’aménagement du marché transfrontalier de Kavimvira, destiné à renforcer les échanges entre la RDC et le Burundi.
Ces infrastructures répondent à un objectif économique précis : réduire les délais de passage aux frontières, améliorer les conditions de circulation des marchandises, renforcer les capacités logistiques et limiter les coûts supportés par les opérateurs économiques. Dans plusieurs zones frontalières de la RDC, les difficultés d’accès, les infrastructures insuffisantes et la complexité des procédures administratives continuent de freiner le développement des échanges régionaux.
Au-delà de la reprise des chantiers, le comité a décidé d’étendre le projet à de nouveaux corridors commerciaux. Les prochaines interventions concerneront l’espace Katanga, la frontière de Zongo dans le Sud-Ubangi ainsi que le poste frontalier d’Aba, dans le Haut-Uele. Ces nouveaux sites viendront s’ajouter au poste frontalier de Kasindi, au Nord-Kivu, déjà intégré au programme.
Cette extension traduit la volonté du gouvernement de développer progressivement un réseau d’infrastructures commerciales couvrant plusieurs axes stratégiques du pays. La modernisation des postes frontaliers est considérée comme un levier important pour soutenir le commerce régional, faciliter les exportations, sécuriser les échanges et améliorer la mobilisation des recettes douanières.
Pour la RDC, dont une grande partie des échanges extérieurs s’effectue avec les pays voisins, l’amélioration des infrastructures frontalières constitue également un facteur de compétitivité. Des corridors plus performants permettent de réduire les coûts de transport, de raccourcir les délais d’acheminement et de renforcer l’attractivité économique des provinces frontalières.
À travers la relance du PFCIGL, le gouvernement entend ainsi faire des frontières non plus de simples points de passage, mais de véritables plateformes de développement économique capables de stimuler le commerce régional, de soutenir les chaînes de valeur locales et de renforcer l’intégration de la RDC dans les échanges de la région des Grands Lacs.
— M. KOSI









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