Parmi les grandes compagnies minières mondiales, Zijin Mining Group occupe une position singulière. Cotée à Shanghai et à Hong Kong, cette société est partiellement détenue par l’État chinois via Minxi Xinghang State-Owned Assets Investment Co., elle-même contrôlée par le gouvernement du comté de Shanghang. Ce statut hybride, entre entreprise publique et société cotée, explique une grande partie de sa trajectoire d’expansion.
Les résultats 2025 confirment la centralité du cuivre dans son modèle. Ce métal représente 27,8 % du chiffre d’affaires total et 38,5 % du bénéfice brut du groupe, avec une progression de la production de 9,3 % sur un an. La RDC se trouve au cœur de cette performance : Zijin contrôle 39,6 % du capital de Kamoa-Kakula, le plus grand complexe cuprifère du pays et l’un des plus importants au monde, aux côtés d’Ivanhoe Mines et de l’État congolais.
Ce qui distingue Zijin des majors occidentaux tient à son modèle opérationnel. La société applique systématiquement une séquence reproductible sur chaque actif acquis : acquisition d’un actif sous-optimisé, modernisation par l’ingénierie maison, expansion de la capacité et optimisation des coûts. Ce modèle est explicitement présenté par le groupe comme un avantage concurrentiel central.
Un modèle hybride qui combine direction étatique et exécution de marché
La structure de Zijin lui confère des avantages que les compagnies purement privées ne peuvent pas répliquer facilement. Le soutien politique chinois facilite l’accès aux grands actifs en Afrique et en Asie centrale, tandis que la cotation boursière assure l’accès aux capitaux et une discipline de marché dans l’exécution. Cette combinaison explique son expansion agressive à l’international sans dépendance à un seul actif dominant, contrairement à Freeport-McMoRan dont la mine Grasberg en Indonésie représente l’essentiel de la production.
Pour la RDC, la présence de Zijin à Kamoa-Kakula soulève des questions stratégiques dans un contexte de diversification des partenaires miniers vers les États-Unis et l’Europe. Le groupe chinois reste un acteur incontournable de la production cuprifère congolaise, dont les décisions industrielles et commerciales ont des répercussions directes sur les recettes publiques de l’État congolais, actionnaire à 20 % du complexe.
— Joldie KAKESA


