Les importations de cuivre vers les États-Unis repartent à la hausse, soutenues par les anticipations du marché autour d’éventuels droits de douane sur le cuivre affiné à partir de 2027. Le mouvement est réel, mais il reste beaucoup plus modéré que celui observé en 2025, lorsque les opérateurs avaient massivement acheminé du métal vers le marché américain par crainte de nouvelles barrières commerciales.
Cette reprise est alimentée par l’attente de la décision du département américain du Commerce, qui doit réexaminer le dossier d’ici la fin du mois de juin. Les négociants tentent d’anticiper les conséquences d’un éventuel durcissement des règles commerciales américaines, ce qui continue d’influencer les échanges de cuivre à l’échelle mondiale.
Sur les marchés, les cours du cuivre cotés au Chicago Mercantile Exchange (CME) ont récemment dépassé ceux du London Metal Exchange (LME) de plus de 600 USD par tonne. Cet écart de prix ouvre de nouvelles possibilités d’arbitrage pour les traders, qui peuvent acheter du cuivre sur un marché pour le revendre sur un autre avec une marge potentielle plus élevée. Cette situation explique en partie le retour des flux vers les États-Unis.
La situation actuelle demeure toutefois bien différente de celle de l’année dernière. En 2025, les craintes liées à l’instauration de droits de douane avaient provoqué une véritable ruée vers le marché américain. De nombreux opérateurs avaient alors constitué d’importants stocks afin de se prémunir contre une hausse future des coûts d’importation.
Aujourd’hui, les entrepôts américains renferment près d’un demi-million de tonnes de cuivre. Ces volumes considérables amènent désormais certains négociants à s’interroger sur la pertinence de ces stocks. Si les mesures commerciales attendues ne sont finalement pas adoptées ou si elles s’avèrent moins contraignantes que prévu, une partie de ces réserves pourrait perdre de sa valeur économique.
Au-delà des mouvements spéculatifs, le cuivre reste un métal stratégique pour l’économie mondiale. Il est indispensable à la fabrication des réseaux électriques, des véhicules électriques, des équipements liés aux énergies renouvelables ainsi qu’aux infrastructures numériques. Les décisions commerciales prises par les grandes économies ont donc un impact direct sur l’équilibre du marché.
Pour la République démocratique du Congo, deuxième producteur mondial de cuivre, ces évolutions sont suivies avec attention. Une progression durable des prix peut renforcer les recettes d’exportation et soutenir les revenus du secteur minier. À l’inverse, un ralentissement de la demande américaine ou une correction liée à l’importance des stocks accumulés pourrait peser sur les cours internationaux dans les prochains mois.
— M. KOSI






