L'encours de la dette publique congolaise atteignait 18,55 milliards de dollars en septembre 2026, selon la Direction générale de la dette publique. Après les critiques de Joseph Kabila, le ministre des Finances Doudou Fwamba la ramène à moins de 20 % du PIB, soit 15,5 % sur la base du PIB qu'il cite.

L’encours de la dette publique congolaise atteignait 18,55 milliards de dollars en septembre 2026, selon la Direction générale de la dette publique. Après les critiques de Joseph Kabila, le ministre des Finances Doudou Fwamba la ramène à moins de 20 % du PIB, soit 15,5 % sur la base du PIB qu’il cite.
Dans un message à la nation cette semaine, l’ancien président Joseph Kabila a affirmé que la dette publique avait « explosé » et dépassait « dix-huit milliards de dollars américains ». Il dit avoir laissé en 2019 une économie débarrassée de la dette héritée des régimes précédents. Le ministre des Finances a répondu à son tour en défendant une dette qui finance les infrastructures et reste soutenable.
Selon la DGDP, l’encours s’élevait à 18 552,2 millions de dollars en septembre 2026. Il comprend environ 11,46 milliards de dollars de dette extérieure, soit 62 % du total, et 7,09 milliards de dette intérieure, soit 38 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. Les autorités indiquent que le risque de surendettement est modéré. Elles évoquent un eurobond de 1,25 milliard de dollars.
Doudou Fwamba avance un endettement inférieur à 20 % du PIB, contre une moyenne de 60 % qu’il attribue aux pays d’Afrique subsaharienne. Rapportée au PIB nominal de 120 milliards de dollars qu’il cite pour 2026, la dette représente 15,5 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. Autrement dit, le même montant pèse beaucoup moins qu’il y a sept ans, si la taille de l’économie a bien progressé.
Le ministre oppose trois indicateurs. Le PIB nominal serait passé d’environ 50 à 120 milliards de dollars, soit 2,4 fois plus. Les réserves de change auraient grimpé de 1,3 à 8 milliards, soit un peu plus de six fois plus. Le budget de l’État serait passé de 4 à 18 milliards, soit 4,5 fois plus. Ces multiples sont calculés par Lepoint.cd à partir des chiffres du ministre. Il cite aussi un déficit du compte courant ramené de 3,2 % du PIB en 2019 à 1,3 % en 2024, et trois programmes formels avec le FMI.
Le PIB nominal est exprimé en dollars courants. Il progresse aussi avec les prix et ne mesure pas à lui seul la production réelle ni le pouvoir d’achat. Côté réserves, la Banque centrale du Congo les situait à 7,82 milliards de dollars le 24 septembre, soit 2,98 mois d’importations, sous le seuil de trois mois que le FMI juge recommandé.
La dette intérieure, de 7,09 milliards de dollars, mérite une attention particulière. Quand l’État emprunte en monnaie locale auprès des banques, celles-ci disposent de moins de ressources pour prêter aux entreprises, ce qui peut renchérir le crédit. Pour juger de la soutenabilité, il faut aussi connaître le coût des emprunts, leur échéancier et la part des recettes consacrée au service de la dette.
Le prochain indicateur à suivre est le service de la dette rapporté aux recettes de l’État, que le ministère n’a pas encore détaillé dans cette réponse.





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