Face à la montée des besoins en électricité et à la multiplication des projets énergétiques à travers le pays, la République démocratique du Congo cherche à renforcer les compétences locales dans un secteur devenu stratégique pour son développement économique. C’est dans cette perspective qu’une première session de spécialisation en droit de l’électricité et en développement des projets énergétiques s’est tenue à Kinshasa du 20 au 22 mai 2026 sous l’initiative de l’Académie de l’ACERD.
Cette formation a réuni un groupe restreint de juristes, de cadres d’entreprises électro-intensives, de producteurs indépendants d’électricité (IPP) ainsi que des représentants des institutions publiques impliquées dans la gouvernance du secteur énergétique.


L’objectif est de préparer une nouvelle génération de spécialistes capables d’accompagner les investissements attendus dans la production, le transport et la distribution de l’électricité en RDC, alors que le pays fait face à une demande croissante provenant à la fois des ménages, des entreprises et du secteur minier.
Les organisateurs rappellent que la RDC possède un héritage énergétique particulièrement important sur le continent africain. Dès les années 1920, le développement des premières infrastructures électriques avait été conçu pour répondre aux besoins de l’industrie minière qui recherchait une source d’énergie plus compétitive que les combustibles importés.
Au fil des décennies, le pays s’est imposé comme l’un des pionniers de l’électricité en Afrique subsaharienne. La RDC a notamment développé l’un des premiers parcs hydroélectriques du continent, mis en place des interconnexions à très haute tension et réalisé des exportations d’électricité vers certains pays voisins, bien avant l’émergence de nombreux réseaux modernes en Afrique.
Aujourd’hui, alors que les ambitions industrielles du pays s’intensifient autour des minerais stratégiques, des zones économiques spéciales et des grands projets d’infrastructures, la question énergétique revient au centre des priorités nationales.
Le déficit de production et les difficultés d’accès à l’électricité constituent encore l’un des principaux freins à la transformation économique du pays. Selon plusieurs études sectorielles, les besoins énergétiques de la RDC devraient fortement augmenter au cours des prochaines années sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’expansion des activités minières et industrielles.
Pour répondre à ces défis, les futurs cadres spécialisés devront maîtriser non seulement les aspects techniques et financiers des projets énergétiques, mais également leur cadre juridique et réglementaire. Les enjeux liés à la souveraineté énergétique, à la sécurité des infrastructures et à la protection des intérêts nationaux occupent également une place croissante dans la gestion du secteur.
Le programme de spécialisation développé par l’ACERD aborde plusieurs thématiques essentielles, notamment l’histoire de l’électrification du Congo, la nature juridique de l’électricité, les modèles économiques applicables au marché congolais, les mécanismes de financement des infrastructures énergétiques ainsi que les étapes de développement des projets électriques.
Pour les experts du secteur, la disponibilité d’une expertise locale qualifiée constitue désormais un facteur déterminant pour accélérer les investissements et réduire la dépendance aux compétences étrangères dans la conduite des grands projets.
À l’heure où plusieurs initiatives sont en cours autour du développement d’Inga, des centrales solaires, des barrages hydroélectriques régionaux et des réseaux de transport d’énergie, la formation de spécialistes congolais apparaît comme un élément clé pour accompagner la modernisation du secteur électrique et soutenir les ambitions économiques du pays.
— Peter MOYI






