Le gouvernement congolais prévoit de mobiliser entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars sur six ans pour financer le programme présidentiel « Debout jeunes congolais ». Cette initiative vise à soutenir l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, sans créer de nouvelles taxes, mais son efficacité dépendra de la qualité de son exécution et de la mobilisation des financements.
Face à la montée du chômage et au poids de l’économie informelle, le gouvernement de la République démocratique du Congo veut faire de l’emploi des jeunes une priorité budgétaire. Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a annoncé une enveloppe comprise entre 650 millions et 1,3 milliard USD sur une période de six ans pour financer le programme présidentiel « Debout jeunes congolais », consacré à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat des jeunes.
Selon le gouvernement, ce financement proviendra du budget de l’État ainsi que de partenaires techniques et financiers, sans augmentation de la pression fiscale. Cette approche vise à soutenir les investissements dans l’emploi tout en préservant les équilibres macroéconomiques.
Au-delà du financement, le défi sera la création d’emplois durables
L’annonce constitue l’un des engagements financiers les plus importants consacrés à l’emploi des jeunes en RDC ces dernières années. Mais l’enveloppe annoncée ne garantit pas, à elle seule, le succès du programme.
Le principal défi résidera dans la capacité à transformer ces ressources en emplois durables et en entreprises viables. Cela suppose des mécanismes transparents de sélection des bénéficiaires, un accès facilité au financement, un accompagnement technique des jeunes entrepreneurs et un système de suivi permettant de mesurer les résultats obtenus.
Dans une économie où une grande partie des jeunes travaillent dans le secteur informel, l’enjeu dépasse la simple création d’activités. Il s’agit aussi de favoriser l’émergence de PME capables de créer de la valeur ajoutée, d’élargir l’assiette fiscale et de contribuer à la diversification de l’économie congolaise.
Le gouvernement devra également veiller à orienter les investissements vers les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, notamment l’agriculture, l’agro-industrie, les mines, les infrastructures, le numérique, les services et la transformation locale des ressources naturelles.
Un investissement à mesurer par son impact
Si l’enveloppe maximale de 1,3 milliard USD est effectivement mobilisée, elle représenterait un investissement moyen d’environ 217 millions USD par an sur six ans. Au regard des besoins du marché du travail congolais, cet effort budgétaire pourrait contribuer à réduire le chômage des jeunes, à condition que les fonds soient exécutés de manière efficace et accompagnés de réformes améliorant l’environnement des affaires.
Les économistes rappellent que les programmes publics d’emploi produisent des résultats durables lorsqu’ils s’appuient sur un secteur privé dynamique. L’accès au crédit, la stabilité réglementaire, la simplification des procédures administratives et le développement des infrastructures restent des facteurs déterminants pour transformer les financements publics en emplois pérennes.
L’annonce du programme « Debout jeunes congolais » constitue ainsi un signal fort en faveur de la jeunesse. Sa réussite sera toutefois évaluée non pas à l’aune des montants annoncés, mais du nombre d’entreprises créées, d’emplois générés et de jeunes durablement intégrés dans l’économie formelle.
— M. KOSI









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