Kamoa Copper engage une transformation profonde de son alimentation électrique en investissant dans une centrale solaire de 60 MW équipée d’un système de stockage par batteries, en pleine expansion du site cuprifère de Kamoa-Kakula, près de Kolwezi, au Lualaba. Cette infrastructure, opérée par Ivanhoe Mines et fruit de partenariats avec CrossBoundary Energy DRC (Kenya) et Green World Energie SARL (Chine), vise à porter la capacité solaire installée à 120 MW, bien qu’aucun calendrier précis n’ait encore été communiqué.
Les deux fournisseurs se partagent le projet : chacun assure la réalisation et l’exploitation de 30 MW, selon les contrats signés entre mars et avril 2025. CrossBoundary s’engage sur une durée de 17 ans, un signal de stabilité pour la rentabilité de l’investissement et la sécurité énergétique du site. En revanche, Green World n’a pas révélé la durée de son implication, un élément qui interroge sur la répartition des risques à long terme.
La phase de travaux, initiée au deuxième trimestre 2025, comprend des études géotechniques, le défrichage, ainsi que la commande de matériels techniques – dont un système de stockage BESS et une station électrique modulaire. La livraison des premiers équipements longue durée est programmée, selon Ivanhoe Mines, pour une finalisation à la mi-2026.
À cette échéance, la demande électrique de Kamoa-Kakula pourrait atteindre 240 MW. Pour répondre à cette montée rapide, le groupe compte aussi sur le renforcement du réseau hydroélectrique national, via la modernisation de la turbine 5 d’Inga II, dont la puissance attendue s’élève à 178 MW. Ce chantier, prévu pour s’achever en 2026, doit permettre d’absorber la croissance du site et de sécuriser l’approvisionnement sans recourir aux importations régionales, historiquement issues de la Zambie ou du Mozambique.
Ivanhoe Mines rapportait, en avril 2025, une augmentation des achats d’électricité importée, passés de 50 MW à 70 MW, avec une perspective d’atteindre 100 MW. Cette dépendance temporaire souligne les limites actuelles du réseau et l’importance stratégique de l’investissement dans les renouvelables et la modernisation hydroélectrique. La RDC, leader africain du cuivre, doit répondre à une demande mondiale en forte hausse, tirée notamment par la transition énergétique et la multiplication des usages industriels, en s’assurant d’un approvisionnement fiable et bas carbone.
Ces choix techniques sont au cœur d’un repositionnement global du secteur minier congolais, qui cherche à conjuguer performance industrielle, maîtrise des coûts énergétiques et conformité aux nouvelles exigences des acheteurs internationaux en matière d’empreinte environnementale. Pour Kamoa Copper, la sécurité d’approvisionnement et la diversification des sources constituent un levier essentiel pour soutenir la croissance attendue, alors que la production nationale de cuivre devrait frôler les 2,5 millions de tonnes en 2025, selon les données de l’US Geological Survey.
— Peter MOYI


