La République démocratique du Congo se rapproche d’une étape importante dans la réforme de son système financier. Réuni en session plénière en juin à Paris, le Groupe d’action financière (GAFI) a estimé que le pays avait exécuté de manière largement satisfaisante les 23 actions prévues dans son plan d’action contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une mission d’évaluation est attendue à Kinshasa au mois d’août afin de vérifier l’application effective de ces réformes avant une décision finale qui pourrait conduire au retrait de la RDC de la liste grise dès octobre 2026.
Selon le compte-rendu de la 93ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, les réformes ont été conduites sous la coordination technique de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), avec l’appui de la Task Force nationale, qui a transmis dix rapports de progrès au GAFI. Les évaluateurs ne se limiteront pas à examiner les textes adoptés. Ils vérifieront également si les nouveaux dispositifs fonctionnent effectivement, s’ils produisent des résultats concrets et si les autorités congolaises maintiennent leur engagement dans la durée.
Au-delà de son caractère technique, une sortie de la liste grise aurait des répercussions directes sur l’économie congolaise. Lorsqu’un pays figure sur cette liste, les banques internationales appliquent des contrôles renforcés sur les opérations financières en provenance ou à destination de ce marché. Les procédures deviennent plus longues, les coûts de conformité augmentent et certaines institutions financières limitent leurs relations avec les banques locales. Cette situation complique les transactions internationales, renchérit le coût des investissements et réduit parfois l’accès des entreprises au financement extérieur.
À l’inverse, un retrait de la liste grise constituerait un signal positif pour les investisseurs internationaux, les banques de développement et les marchés financiers. Il renforcerait la crédibilité du système financier congolais, améliorerait les relations de correspondance bancaire et faciliterait les flux d’investissements étrangers dans un contexte où la RDC cherche à attirer davantage de capitaux dans les secteurs des mines, de l’énergie, des infrastructures et de l’industrie.
Cette évolution s’inscrit dans un ensemble plus large de réformes engagées depuis plusieurs mois. En avril dernier, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé qu’à partir du 9 avril 2027, les paiements en espèces en devises étrangères ne seront plus autorisés, les transactions devant désormais être effectuées par voie scripturale. La BCC assurera également l’exclusivité de l’importation physique des billets en devises, tandis que les contrôles sur les mouvements transfrontaliers de fortes sommes d’argent liquide ont été renforcés dans les aéroports et aux principaux postes frontaliers.
Ces mesures répondent aux recommandations du GAFI et poursuivent un objectif commun : améliorer la traçabilité des flux financiers, réduire les transactions anonymes et renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que le financement des activités illicites. Si la mission d’évaluation d’août confirme les progrès réalisés, la RDC pourrait franchir une étape importante dans le renforcement de sa crédibilité financière internationale, un facteur désormais déterminant pour attirer des investissements de long terme et accompagner la transformation de son économie.
— M. KOSI









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