À Kalemie, le foncier dispose d’une forte valeur économique, mais les projets immobiliers restent freinés par le manque de financements longs. À l’Expo Béton, Yves Binzunga, Deputy MD d’EquityBCDC, a proposé quatre pistes pour rapprocher la terre, l’épargne et le crédit bancaire.
Transformer le foncier en garantie pour attirer les financements
Le développement immobilier au Tanganyika se heurte à une limite connue des banques : elles collectent surtout des dépôts à court terme, alors que la construction de logements demande des crédits longs. Cette différence de durée rend le financement plus risqué pour les établissements bancaires.

Pour réduire ce blocage, Yves Binzunga propose d’abord d’utiliser le foncier comme capital public. Le Gouvernorat pourrait apporter des terrains viabilisés et sécurisés dans certains projets. L’État ne sortirait pas directement de l’argent de son budget, mais il mettrait à disposition un actif capable de rassurer les promoteurs et les banques.
Le deuxième levier porte sur la création d’un Fonds de Garantie Logement du Tanganyika. Alimenté par une partie des taxes locales, ce mécanisme pourrait couvrir jusqu’à 50 % du risque de défaut des constructeurs. Pour les banques, cela réduirait le risque de perte en cas de non-remboursement.
La troisième piste concerne la Vente en l’État Futur d’Achèvement. Ce modèle permet d’acheter un logement sur plan et de payer par étapes. À Kalemie, il pourrait s’appuyer sur l’épargne des armateurs du lac Tanganyika, des commerçants du port, des entrepreneurs miniers et des professions libérales, avec l’appui de la FEC et des COOPEC.
Le quatrième levier vise la diaspora. Des titres financiers dédiés pourraient mobiliser les devises des Congolais du Grand Katanga vivant à l’étranger. Ces fonds serviraient notamment à financer les réseaux d’eau, les centrales solaires et d’autres infrastructures lourdes.
Pour réduire le poids des taux bancaires, Yves Binzunga défend aussi un financement mixte combinant 40 % de fonds propres privés, 20 % de foncier public et 40 % de dette bancaire. Ce montage permettrait de baisser le coût global du capital. Il avance aussi le crédit-bail immobilier, où un loyer payé sur 10 ou 15 ans peut progressivement ouvrir un droit de propriété.
La mise en place d’une Task Force Financement Immobilier réunissant le Gouvernorat, la FEC Tanganyika et les institutions financières est présentée comme une étape pour passer des propositions aux projets construits.
— M. KOSI




