Les régies financières de la République démocratique du Congo ont mobilisé 1 121,4 milliards de francs congolais au 15 mai 2026, soit plus de 450 millions USD, selon la dernière note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo. Sur la même période, les dépenses publiques ont atteint 1 771,3 milliards CDF, ce qui montre un écart important entre les recettes encaissées et les besoins de financement de l’État.
La plus grande part des recettes provient de la Direction Générale des Impôts, qui a collecté 659,3 milliards CDF à travers les impôts directs et indirects. La Direction Générale des Douanes et Accises a mobilisé 340,3 milliards CDF grâce aux droits de douane et aux accises. De son côté, la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations a enregistré 121,8 milliards CDF issus des recettes parafiscales.
Des dépenses publiques toujours élevées
Les dépenses exécutées par le Trésor restent supérieures aux recettes collectées. Une partie importante des décaissements a servi au fonctionnement de l’État, notamment au paiement des agents publics.
Les salaires des fonctionnaires ont représenté 132,7 milliards CDF au cours de cette période. Les frais financiers, qui regroupent notamment le coût lié à certaines obligations de l’État, se sont établis à 19,2 milliards CDF.
Ces chiffres traduisent la pression qui continue de peser sur les finances publiques congolaises. Le gouvernement doit en même temps financer les dépenses sécuritaires, les programmes sociaux et les investissements dans les infrastructures.
Pour l’ensemble du mois de mai 2026, la Banque centrale prévoit près de 1 997 milliards CDF de recettes publiques. Cette prévision est liée en grande partie au paiement du premier acompte provisionnel de l’Impôt sur les bénéfices et profits (IBP), une échéance fiscale importante pour les entreprises.
Dans le même temps, les dépenses programmées devraient atteindre 2 474,7 milliards CDF. Sur ce montant, environ 980 milliards CDF seront consacrés à la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État.
L’écart persistant entre les recettes et les dépenses montre que l’équilibre budgétaire reste un défi pour les autorités congolaises. Même si les recettes internes progressent progressivement, les besoins de financement continuent d’augmenter dans un contexte marqué par les dépenses sécuritaires et les investissements publics.
La Banque centrale estime aussi que la stabilité des finances publiques dépendra de la capacité du gouvernement à renforcer la mobilisation des recettes internes, mieux encadrer certaines dépenses et maintenir la stabilité du cadre macroéconomique.
— Peter MOYI


