La République démocratique du Congo et le Canada veulent tourner la page de plusieurs décennies de faible coopération économique. Réunis à l’occasion du Forum international RDC–Canada, clôturé le 23 mai à l’Université du Québec, Kinshasa et Ottawa ont affiché leur volonté de bâtir un nouveau partenariat stratégique axé sur l’investissement, l’industrialisation et les échanges commerciaux.
Parmi les principales retombées de ce forum figure la création d’une task force conjointe regroupant des experts des ministères des Affaires étrangères et du Commerce extérieur des deux pays. Cette équipe aura pour mission de préparer la future commission mixte RDC–Canada, appelée à redynamiser les relations bilatérales longtemps restées au ralenti.
Pour rappel, durant les travaux, la délégation congolaise conduite par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté aux investisseurs canadiens les priorités économiques de la RDC. Kinshasa entend notamment attirer des capitaux dans les minerais stratégiques, l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, les Zones économiques spéciales (ZES), le numérique ainsi que l’économie verte.
Par ailleurs, le gouvernement congolais a particulièrement insisté sur la nécessité de développer des chaînes de valeur locales autour des minerais critiques, afin de faire de la RDC un centre de transformation industrielle plutôt qu’un simple exportateur de matières premières brutes. L’agriculture, portée par les 80 millions d’hectares de terres arables du pays, figure également parmi les secteurs présentés comme prioritaires pour les investisseurs canadiens.
Dans la foulée, les deux pays ont aussi convenu de renforcer l’accompagnement de la diaspora congolaise vivant au Canada et d’intensifier les échanges académiques, culturels et entrepreneuriaux.

Dans une tribune publiée ce dimanche 24 mai sous le titre « RDC–Canada : fin d’une sécheresse économico-diplomatique de 40 ans », Julien Paluku Kahongya a dressé le constat d’une coopération bilatérale longtemps restée en veille depuis 1986.
Le ministre a souligné que les échanges commerciaux entre Kinshasa et Ottawa sont demeurés limités au cours des dernières années, malgré les importantes opportunités économiques offertes par les deux pays.
Le patron du Commerce extérieur a, par ailleurs, rappellé que la coopération RDC–Canada avait autrefois joué un rôle majeur dans le développement agricole congolais, notamment à travers les Centres d’Adaptation et de Production des Semences Améliorées (CAPSA) et l’encadrement des coopératives agricoles.
A l’en croire, le Forum de Gatineau marque un tournant vers une nouvelle phase de coopération orientée vers les secteurs d’avenir, notamment la transition énergétique, les batteries et véhicules électriques, les infrastructures et le numérique.
Eldad B.



