Le gouvernement congolais renforce le contrôle sur l’accès aux sites hydroélectriques. Un nouvel arrêté du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité impose désormais le recours à une cartographie officielle avant tout octroi de concession ou de licence dans le secteur.
Dans un arrêté signé le 16 septembre 2026, sous le numéro CAB-M/RHE/ASM/257/2026, le ministre Aimé Sakombi Molendo fixe les modalités d’utilisation de la cartographie nationale des sites hydroélectriques.
Cette mesure découle de l’article 47 de la loi n°25/025 du 5 février 2026 relative au secteur de l’électricité, qui prévoit la publication des sites potentiels destinés au développement de projets hydroélectriques sur l’ensemble du territoire national.
3 349 sites pour un potentiel de 167,25 GW
Selon la cartographie établie par le ministère, 3 349 sites hydroélectriques ont été identifiés à travers le pays, représentant un potentiel estimé à 167,25 GW.
Parmi ces sites, 251 sont déjà aménagés, qu’ils soient actuellement en exploitation ou à l’arrêt. Le ministère précise toutefois que cette cartographie reste évolutive et pourra être actualisée en fonction de nouvelles données et découvertes.
HYDRO RDC, nouvelle porte d’entrée
L’arrêté consacre également la mise en place du portail HYDRO RDC, accessible à l’adresse hydro-rdc.gouv.cd. La plateforme est appelée à centraliser l’accès aux informations relatives aux sites hydroélectriques disponibles en RDC.
Elle doit notamment orienter les utilisateurs vers les différentes structures intervenant dans le secteur, dont le Secrétariat général aux Ressources hydrauliques et à l’Électricité, l’Unité de Coordination et de Management des projets (UCM), l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) et l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER).
Le ministère entend également garder la maîtrise de l’identité et du fonctionnement du portail. Toute modification de son nom ou de ses points d’accès devra faire l’objet d’une autorisation expresse, matérialisée par un arrêté complémentaire.
Des concessions désormais liées à la planification nationale
L’une des principales dispositions du texte concerne directement les investisseurs et opérateurs du secteur. Aucune concession ou licence hydroélectrique ne pourra être accordée en dehors de la cartographie officielle.
Les projets devront également être conformes aux orientations du Plan Directeur National d’Électrification ainsi qu’au Plan Directeur d’Électrification rurale et périurbaine.
Les concessionnaires déjà actifs sont eux aussi concernés. Ils devront communiquer leurs données afin de contribuer à l’alimentation et à la mise à jour de la base nationale.
Le pari de la transparence et de l’investissement
À travers cette réforme, le ministère dit vouloir faciliter l’identification des sites présentant un intérêt pour les investisseurs, améliorer la préparation des projets et renforcer la coordination entre les différentes administrations intervenant dans le secteur.
Avec un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 167 GW, la RDC dispose d’un levier majeur pour accroître son offre énergétique. Le nouvel encadrement entend ainsi mieux organiser l’accès à cette ressource et inscrire les futurs projets dans une planification nationale.
Cet arrêté est entré en vigueur dès sa signature. Son exécution revient notamment au Secrétariat général aux Ressources hydrauliques et à l’Électricité, à l’ARE ainsi qu’aux gouverneurs de province, chacun dans son domaine de compétence.
Eldad B.









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