USD/CDF 2 263,33−3,63EUR/CDF 2 542,82+3,05GBP/CDF 3 048,08+6,08Taux directeur 12,50 %Inflation hebdo 0,142 %Cuivre 14 081 $−2.38 %Or 4 133 $+4.12 %
Voir tous les indicateurs ↗
Publicité
DRC MINING WEEK
Critical Minerals & Industrialisation Forum
BGFIBank RDC
Banques

Sofibanque, une banque à 96 % familiale dont les comités ne respectent pas encore les règles de gouvernance

Abdallah Wazni détient 88 % de Sofibanque, et la famille Wazni-Wazne 96 % selon Bloomberg. Le rapport Pilier III 2025 de la banque reconnaît que ses comités spécialisés ne comptent pas assez d'administrateurs indépendants. Dans le même temps, sa masse salariale mensuelle a bondi de 51,5 %.

sofibanque
sofibanque

Abdallah Wazni détient 88 % de Sofibanque, et la famille Wazni-Wazne 96 % selon Bloomberg. Le rapport Pilier III 2025 de la banque reconnaît que ses comités spécialisés ne comptent pas assez d’administrateurs indépendants. Dans le même temps, sa masse salariale mensuelle a bondi de 51,5 %.

Le capital de Sofibanque s’élève à 15 millions de dollars, répartis en 15 000 actions. Selon le rapport Pilier III 2025 de la banque, son principal actionnaire, Abdallah Wazni, en détient 13 200, soit 88 %. Six autres actionnaires détiennent chacun 300 actions, soit 2 % chacun. Parmi eux figure l’administrateur directeur général, Henry Wazne. En 2024, Bloomberg rapportait qu’Henry Wazne avait repris la banque en 2012 avec son cousin Abdallah Wazni, et que la famille contrôlait 96 % du capital.

Un actionnaire détient 88 % de Sofibanque
Répartition du capital de Sofibanque, en %, au 31 décembre 2025
Capital socialAbdallah Wazni 88,0 %Abdallah Wazni 88,0 %Six autres actionnaires (2 % chacun) 12,0 %
Source : Sofibanque, rapport Pilier III 2025, calcul LePoint.cdLePoint.cd
Les six autres actionnaires détiennent chacun 300 actions, soit 2 %. Leur total (12 %) est une addition Lepoint.
Voir les données
Abdallah WazniSix autres actionnaires (2 % chacun)
Capital social88 %12 %

Le capital social n’a pas bougé depuis 2010. Il était de 3 millions de dollars à l’origine, porté à 10 millions en 2009 puis à 15 millions l’année suivante. Les fonds propres de la banque ont, eux, grossi grâce aux bénéfices laissés en réserve. Ils atteignent 191,73 millions de dollars fin 2025, dont 148,81 millions de bénéfices accumulés. Le capital social n’en représente qu’environ 8 %.

Cette structure familiale a longtemps buté sur la loi bancaire. La loi n°22/069 du 27 décembre 2022 imposait au moins quatre actionnaires non liés détenant chacun au moins 15 % du capital, avec une échéance repoussée au 4 juillet 2026. Plusieurs groupes, dont les kényans Equity et KCB, se préparaient à céder des parts de leurs filiales congolaises. La loi n°25/061, promulguée fin décembre 2025 à l’initiative du député Olivier Kasanda Katuala, a ramené ce minimum à deux actionnaires et accordé aux banques un délai de conformité de 36 mois, prorogeable au cas par cas. Sur le papier, Sofibanque compte sept actionnaires. Mais un seul contrôle près de neuf actions sur dix.

Le conseil d’administration reflète cette concentration. Abdallah Yacoub Wazni en est le président et Henry Yoan Wazne l’administrateur directeur général. Le rapport rappelle que les statuts imposent « au moins trois » administrateurs indépendants. Il précise aussi que les cinq comités spécialisés (audit, risques, éthique et conformité, nominations, rémunérations) doivent être composés exclusivement d’administrateurs non exécutifs, en majorité indépendants. La banque reconnaît qu’au 31 décembre 2025, ces comités ne comptent pas une majorité d’indépendants et que le comité d’éthique et de conformité n’est pas présidé par un indépendant. Le conseil prévoit d’augmenter le nombre de ses administrateurs indépendants.

Ce sont précisément ces comités qui contrôlent les risques, les comptes et la rémunération des dirigeants. Lorsque l’actionnaire principal préside le conseil et que le directeur général appartient à la même famille, leur indépendance devient le principal garde-fou des déposants. Ceux de Sofibanque lui confient 1 152,58 millions de dollars.

La rémunération est justement le poste qui accélère le plus. La masse salariale mensuelle passe de 421 421 dollars fin 2024 à 638 554 dollars en décembre 2025, soit une hausse de 51,5 %. La banque l’explique par une nouvelle grille salariale appliquée en juillet 2025, le recrutement de profils qualifiés et la hausse des charges fiscales et sociales. L’effectif passe de 274 à 308 employés (+12,4 %). Le coût mensuel moyen par employé grimpe ainsi d’environ 1 540 à 2 070 dollars, soit environ 35 % de plus. La rentabilité suit encore. Avec 308 salariés et 16 agences, Sofibanque dégage environ 127 000 dollars de bénéfice net par employé.

La banque affiche de grandes ambitions. Elle construit un nouveau siège et déploie son plan « Sofibanque 4.0 » pour 2025-2030. En 2024, selon Bloomberg, elle envisageait aussi de s’étendre en Zambie, au Congo-Brazzaville et en Guinée. Henry Wazne s’était alors dit ouvert, à défaut de partenaires, à l’arrivée d’un investisseur extérieur au capital. Une telle ouverture réglerait d’un coup la question de la concentration du capital et celle des administrateurs indépendants. Le rapport 2025 n’en fait pas mention.

La Rédaction, Lepoint.cd