Le ministère des Ressources hydrauliques et le Cadastre minier examinent la possibilité d'associer la construction d'ouvrages énergétiques à des contreparties en droits miniers. L'idée s'appuie sur une carte qui superpose sites énergétiques et sites miniers. Le projet de Kinsuka, 900 MW dont environ 600 attendus pour les mines, en montre l'enjeu.

Le ministère des Ressources hydrauliques et le Cadastre minier examinent la possibilité d’associer la construction d’ouvrages énergétiques à des contreparties en droits miniers. L’idée s’appuie sur une carte qui superpose sites énergétiques et sites miniers. Le projet de Kinsuka, 900 MW dont environ 600 attendus pour les mines, en montre l’enjeu.
Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi, et le directeur général du Cadastre minier (Cami), Popol Mabolia, se sont réunis mardi 3 novembre au siège du Cami, avec leurs équipes techniques, selon un communiqué du ministère consulté par l’ACP. La rencontre portait sur la mise en œuvre des recommandations de la 77e réunion du Conseil des ministres du 6 février 2026 sur la superposition des cartes énergétiques et minières.
Les deux parties ont discuté de l’usage de cette cartographie pour orienter les infrastructures hydroélectriques en fonction des besoins du secteur minier. Elles ont aussi examiné des mécanismes de financement innovants, dont la possibilité d’associer la réalisation d’ouvrages énergétiques à des contreparties en droits miniers, dans le respect du cadre légal en vigueur. Le ministère inscrit la démarche dans la vision du président Félix Tshisekedi et dans les ambitions du Compact Énergétique National, qui vise à étendre l’accès à l’électricité.
Le 6 février, M. Sakombi avait présenté au Conseil des ministres une note en deux volets, d’après l’ACP. Le second annonçait la disponibilité d’une carte superposant sites énergétiques et sites miniers, destinée au dialogue avec les partenaires, bailleurs et investisseurs, notamment les producteurs indépendants d’électricité. Le premier volet portait sur la centrale hydroélectrique de Kinsuka, à l’ouest de Kinshasa, pour environ 2,8 milliards de dollars et un délai de cinq ans.
Selon Bankable, Kinsuka alignerait 900 MW. Environ 600 MW iraient aux sociétés minières par de nouvelles lignes haute tension, et 300 MW à Kinshasa. Le développeur, Kinsuka Power, associe Great Lakes Energy et Congo Énergie, filiale du groupe Forrest. Les sources consultées n’indiquent pas les bailleurs.
| Sociétés minières | Kinshasa | |
|---|---|---|
| Kinsuka (900 MW) | 600 MW | 300 MW |
Le Compact Énergétique, publié par la Banque mondiale dans le cadre de la Mission 300, fixe pour 2030 un accès à l’électricité d’environ 62 %, contre 21,5 % en 2024. La capacité installée passerait de 3 067 MW à environ 13 576 MW. Les besoins d’investissement atteignent 36 à 37 milliards de dollars selon les versions du document, dont environ 20 milliards à financer par le privé.
Un lien entre infrastructures et exploitation minière existe déjà en RDC. Le contrat Sicomines, renégocié en 2024, rattache des infrastructures à l’exploitation minière, avec jusqu’à 7 milliards de dollars d’investissements annoncés par les entreprises chinoises.
SIGNATURE
H. KABAMBA





Chaque jour, les informations économiques de la RDC qu’il ne faut pas rater, directement sur votre téléphone.
Rejoindre la chaîne
Connectez-vous à votre compte LePoint.cd