Le prix du poisson connaît une nouvelle hausse sur les marchés de Kananga. Si les vendeurs évoquent principalement des difficultés d’approvisionnement, cette augmentation met surtout en lumière les faiblesses de la chaîne logistique qui relie les zones de production au Kasaï, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des ménages.
Le poisson est devenu plus coûteux pour les consommateurs de Kananga. Selon plusieurs commerçants interrogés par Radio Okapi, les prix ont sensiblement augmenté ces dernières semaines en raison d’un approvisionnement devenu plus difficile.
Cette évolution ne traduit pas seulement une tension ponctuelle sur le marché. Elle révèle des difficultés plus profondes qui affectent la circulation des marchandises vers les provinces du centre de la République démocratique du Congo. Lorsque les produits mettent plus de temps à arriver ou que leur transport devient plus coûteux, les commerçants répercutent inévitablement ces charges sur le prix de vente.
Une chaîne d’approvisionnement fragilisée
Le poisson commercialisé au Kasaï provient en grande partie d’autres provinces et dépend fortement des réseaux ferroviaires, routiers et fluviaux pour rejoindre les marchés de Kananga.
Ces derniers jours, plusieurs opérateurs économiques ont d’ailleurs alerté sur le blocage de plus de 350 tonnes de poissons destinées au Grand Kasaï, une situation qu’ils attribuent aux difficultés de transport rencontrées sur le réseau de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Sans établir un lien direct avec la hausse observée à Kananga, ces perturbations illustrent les contraintes logistiques qui pèsent sur l’approvisionnement de la région.
À ces difficultés s’ajoutent le coût du carburant, l’état des infrastructures routières, les délais de transport et les dépenses liées à la conservation des produits. L’ensemble de ces facteurs renchérit progressivement le coût des marchandises avant même leur arrivée sur les étals.
Au-delà du poisson, un défi pour l’économie du Kasaï
L’augmentation du prix du poisson dépasse le seul secteur halieutique. Elle illustre la vulnérabilité des provinces enclavées face aux perturbations de la logistique nationale.
Lorsque les infrastructures de transport fonctionnent difficilement, ce sont également les céréales, les produits manufacturés, les matériaux de construction ou encore les médicaments qui deviennent plus coûteux. Le transport représente alors une part importante du prix payé par le consommateur.
Pour les ménages, cette situation réduit le pouvoir d’achat et oblige souvent à modifier les habitudes de consommation. Pour les commerçants, elle augmente les risques financiers, car des prix plus élevés peuvent freiner les ventes alors que les coûts d’approvisionnement continuent de progresser.
Cette nouvelle hausse rappelle que la lutte contre l’inflation alimentaire ne dépend pas uniquement de la production. Elle passe aussi par l’amélioration des infrastructures ferroviaires, routières et fluviales, indispensables pour fluidifier les échanges entre les provinces et réduire le coût du transport des marchandises.
Au Kasaï comme dans d’autres régions de la RDC, la qualité de la logistique devient ainsi un facteur déterminant de la stabilité des prix et de la sécurité alimentaire.
— Peter MOYI









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