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Kinshasa : 1,2 million de bouteilles Pepsi par jour s’ajoutent aux déchets plastiques déjà en surplus

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Kinshasa se prépare à un afflux massif de bouteilles plastiques, alors que l’usine Varun Beverage débute la production de la boisson Pepsi dans la capitale congolaise. Ce nouvel acteur industriel va générer un supplément quotidien de 1,2 million de bouteilles plastiques, ajoutant ainsi aux quelque 10 000 tonnes d’ordures ménagères produites chaque jour à Kinshasa, dont près de 40 % sont constituées de plastiques. Une telle situation exige une réponse proactive des autorités pour éviter l’engorgement des infrastructures de gestion des déchets, qui, aujourd’hui, ne fonctionnent qu’à 20 % de leur capacité.

L’actuel prix de rachat des déchets plastiques, fixé à 200 FC le kilogramme, semble peu attractif pour encourager une collecte massive. Une revalorisation à 1000 FC par kilogramme pourrait faire basculer l’activité de recyclage en véritable opportunité économique pour les habitants de Kinshasa, transformant ainsi le déchet en ressource. Une telle mesure pourrait également générer des revenus fiscaux supplémentaires, réinjectés ensuite dans des programmes de gestion durable des déchets. Ce mécanisme aurait un effet boule de neige, stimulant à la fois l’économie locale et l’engagement environnemental des citoyens.

Infrastructures de gestion des déchets : un besoin urgent d’investissements

Les infrastructures actuelles de collecte et de tri à Kinshasa sont largement insuffisantes pour faire face à l’augmentation prévue des déchets plastiques. Des entreprises comme Clean Plast et OK Plast sont déjà sur le terrain, mais leur action est freinée par le manque de points de collecte adéquats, notamment dans les zones à forte densité de population. Pour une gestion plus efficace, la ville devra investir dans l’installation de nouveaux points de collecte dans les marchés, écoles et espaces publics, permettant ainsi une couverture plus homogène des 24 communes de la capitale. Ces infrastructures sont essentielles pour inciter les habitants à adopter des pratiques de tri sélectif.

L’éducation et la sensibilisation : leviers pour un changement durable

Au-delà des infrastructures, un autre défi majeur est la faible sensibilisation des Kinois à la question du recyclage. Beaucoup continuent de jeter leurs bouteilles en plastique dans les rues, exacerbant ainsi la pollution urbaine. Une campagne de sensibilisation d’envergure, financée par les recettes fiscales issues de la gestion des déchets, pourrait changer cette tendance. Ateliers pédagogiques, affichages dans les lieux publics, et événements communautaires sont autant d’outils qui pourraient être mobilisés pour éduquer la population à l’importance du recyclage.

Renforcement du cadre législatif : vers une réglementation plus stricte

On se rappelle encore du décret n°17/018 du 30 décembre 2017 ainsi que de l’Edit n°003/2013 du 09 septembre 2013 relatif à l’assainissement et la protection de l’environnement de la ville de Kinshasa, non-appliqués jusque-là. Cependant, pour être réellement efficace, ce cadre juridique doit être renforcé et accompagné de mesures incitatives. Les entreprises et les ménages qui s’engagent activement dans le recyclage pourraient bénéficier d’allègements fiscaux, créant ainsi un cercle vertueux où les pratiques responsables sont récompensées. La redistribution des taxes sur les plastiques recyclés pourrait servir de levier pour encourager davantage d’acteurs à s’engager dans cette voie.

L’inaction face à l’augmentation de la production de bouteilles plastiques pourrait avoir des conséquences graves sur l’environnement. Non seulement ces déchets défigurent les paysages urbains, mais ils finissent aussi par polluer les cours d’eau et, in fine, les océans, mettant en danger les écosystèmes marins. De plus, la production de plastiques est une source significative d’émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi au réchauffement climatique. Kinshasa se doit d’agir rapidement pour mitiger ces impacts négatifs et préserver l’équilibre écologique de la région.

La gestion des déchets plastiques à Kinshasa représente un défi complexe qui requiert une approche intégrée, associant initiatives économiques, investissements en infrastructures, et réformes législatives. La ville doit saisir l’opportunité de transformer ce défi environnemental en un moteur de développement durable, capable de générer des emplois et de favoriser une meilleure qualité de vie pour ses habitants. Une action immédiate et concertée est indispensable pour éviter une détérioration irréversible de l’environnement à Kinshasa.

M.KOSI

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