Le top management d’EquityBCDC, accompagné du Groupe CEO Dr James Mwangi, a arpenté le chantier du Marché Central de Kinshasa. Le signal est clair : à l’approche de la remise en service, la banque se positionne auprès des commerçants et des opérateurs de la chaîne d’approvisionnement du futur « Zando ». La visite a été relayée par les canaux officiels de la banque, confirmant l’intérêt direct du groupe pour l’activité du site.
Ce que la réouverture change pour les commerçants
Selon les dernières indications officielles, la réouverture est visée dans un délai d’environ quatre mois à compter du 23 juin 2025, soit vers octobre 2025 si le calendrier est tenu. Les autorités provinciales parlent d’un équipement modernisé et d’une reprise progressive des activités.
Côté capacité, le projet prévoit environ 5 000 étals modernes, des espaces sanitaires, ainsi que des zones de restauration. Ce volume doit fluidifier l’occupation et réduire l’informel dans les rues adjacentes, avec à la clé un environnement plus lisible pour les acheteurs, mais aussi des charges et des règles nouvelles pour les vendeurs. Des inquiétudes sur les tarifs de location ont déjà émergé, point relevé lors d’échanges médiatisés ces dernières semaines.
Sur le montage financier, plusieurs documents publics confirment un partenariat Ville de Kinshasa–SOGEMA avec construction confiée à SZTC et un financement adossé à la SOFIBANQUE. Un rapport ODEP/LICOCO publié en mai 2024 chiffre le marché de travaux à 44,5 millions USD et détaille une concession d’exploitation accordée à SOGEMA, tout en pointant des clauses jugées déséquilibrées pour la Ville ; ces éléments alimentent encore le débat public à l’approche de l’ouverture.

Pourquoi la banque s’implique-t-elle ? EquityBCDC reste l’un des rares établissements du pays où l’État congolais figure au capital : 12,17 % pour l’État, 85,67 % pour Equity Group, 1,80 % pour l’IFC et 0,36 % pour d’autres actionnaires (structure publiée dans le rapport 2023). Cette configuration donne un intérêt évident à soutenir des sites à fort impact économique local comme le « Zando ».
Sur le terrain, l’accompagnement peut prendre plusieurs formes : fonds de roulement pour commerçants formalisés, affacturage pour fournisseurs récurrents, terminaux de paiement et solutions de collecte digitalisée pour sécuriser la caisse, micro-assurance pour les risques de stock, sans oublier l’épargne de précaution adaptée aux cycles de vente. La banque a, au demeurant, démontré sa capacité à structurer des financements en coalition avec d’autres acteurs comme les syndicats, un savoir-faire utile lorsque des filières entières se recomposent.

Au-delà du site lui-même, l’enjeu est plus large : remettre sur pied un nœud commercial de la capitale, formaliser des milliers d’activités, fiabiliser la traçabilité des flux et élargir l’accès au crédit. EquityBCDC projette d’ailleurs d’étendre fortement sa clientèle d’ici 2030, ce qui suppose d’investir les lieux où l’essentiel des transactions se fait, marchés populaires en tête.
Reste un point fort : l’accessibilité économique des nouveaux emplacements. Si les loyers sont trop élevés, une partie des anciens vendeurs pourrait rester en marge ou se relocaliser à l’extérieur, affaiblissant la centralité commerciale recherchée. Les autorités ont été interpellées à ce sujet ; un calibrage fin des tarifs, étalé dans le temps et couplé à des outils de bancarisation simple, réduirait ce risque.
À surveiller ces prochaines semaines : la publication du barème des loyers, les règles de priorité pour le retour des anciens occupants, et l’équilibre entre recettes d’exploitation et service de la dette du projet. L’atterrissage se jugera sur trois signaux : le taux d’occupation réel dans les premiers mois, la stabilité des prix de détail dans et autour du marché, et la vitesse de formalisation (ouverture de comptes, usage des paiements électroniques, accès au crédit de campagne). Si ces indicateurs virent au vert, la visite d’EquityBCDC au « Zando » aura marqué le début d’une relation utile : une banque au service d’un hub marchand, et un hub qui apporte des clients mieux structurés au système financier.
— M. KOSI

