La Banque centrale du Congo a réuni, à Kolwezi, les acteurs du change manuel pour leur expliquer les nouvelles règles qui encadrent leur métier. L’atelier porte sur l’instruction administrative n°007, qui fixe désormais un cadre plus strict pour les cambistes à travers tout le pays.
Mettre de l’ordre dans le change manuel
Depuis lundi, cambistes, particuliers, représentants de coopératives et messageries financières participent à cette session de vulgarisation organisée dans la capitale du Lualaba. Les travaux se poursuivent jusqu’au 16 décembre. L’objectif est simple : rappeler que le change manuel est une activité réglementée et que ceux qui la pratiquent doivent respecter des règles claires.
L’Association professionnelle des cambistes manuels (Copcam) joue un rôle central dans cet atelier. Son président national, Donat Lenghu, explique que l’instruction n°007 vient rappeler comment exercer le cambisme sur tout le territoire. Elle précise qui peut exercer, dans quelles conditions et avec quelles obligations vis-à-vis de la Banque centrale.
En parallèle, la BCC met aussi l’accent sur deux autres textes : les instructions administratives n°15 et 15 bis. Elles portent sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Concrètement, il s’agit de savoir d’où vient l’argent, à qui il appartient et d’éviter que des réseaux criminels ou armés utilisent les bureaux de change pour faire circuler des fonds.
Pour la Copcam, ces textes sont à la fois des outils de formation et des instruments de contrôle. Ils doivent aider les cambistes à mieux suivre les mouvements de devises, à identifier leurs membres et à appliquer les mesures de lutte contre les flux d’argent suspects.
Donat Lenghu rappelle que le change manuel reste un maillon important de la vie économique, surtout dans les zones où les banques commerciales ne sont pas présentes. Là, le cambiste est souvent le seul point de contact pour changer des dollars ou des francs congolais. D’où l’idée de professionnaliser davantage le secteur.
Selon la Copcam, cette collaboration avec la Banque centrale et le gouvernement s’inscrit dans un travail de long terme, engagé depuis une trentaine d’années, pour mieux encadrer le change manuel et contribuer à la stabilité du taux de change du franc congolais.
— M. KOSI


