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Le secteur immobilier contribue à hauteur de 1,07% au PIB de Kinshasa malgré les difficultés des locataires

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À Kinshasa, le secteur immobilier fonctionne en dehors des cadres légaux, où les bailleurs dominent largement les transactions. Cette situation découle principalement de l’absence de respect des lois et des normes réglementaires par les parties impliquées, principalement les bailleurs et les locataires. Les bailleurs, souvent propriétaires de maisons en location, imposent leur loi au détriment des locataires. Les lois sur le bail, censées protéger les intérêts des locataires, sont rarement respectées. Les conflits entre bailleurs et locataires sont fréquents et souvent résolus hors de la juridiction légale, laissant les locataires dans des conditions de logement précaires sans aucune garantie.

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Face à cette situation, les locataires cherchent à devenir propriétaires, même dans les zones éloignées du centre-ville où les prix des terrains sont plus abordables. Dans les communes périphériques, les prix des terrains sont très bas, attirant les acheteurs cherchant à construire des maisons ou à investir dans l’agriculture. Cependant, ces zones manquent de services publics essentiels comme l’eau potable, l’électricité, les écoles, les centres de santé et les postes de police, rendant la vie difficile pour les nouveaux habitants. L’absence d’espace disponible dans les 21 autres communes de Kinshasa, la cherté des loyers et la rareté des logements sociaux ont également contribué à cette ruée vers les communes périphériques. Les chefs coutumiers et les propriétaires privés, à court de moyens pour exploiter leurs concessions, vendent ces parcelles à des prix très bas, ce qui attire les acheteurs.

Le secteur immobilier à Kinshasa rapporte considérablement à l’État, malgré un marché distordu et des prix surévalués. Le secteur de la construction est l’un des plus dynamiques de la ville, avec une croissance moyenne de 12,4% entre 2006 et 2018. Il a contribué en moyenne à hauteur de 1,07% au Produit Intérieur Brut (PIB) de Kinshasa sur cette période. L’impôt prélevé sur le revenu annuel moyen d’un appartement locatif, basé sur un revenu locatif brut de 1 500 $/mois, souligne cette contribution économique. Cependant, ce boom immobilier profite surtout aux promoteurs et bailleurs, au détriment des locataires qui subissent des loyers trop élevés. Les prix des terrains et des logements sont hors de portée pour la majorité des Kinois, les poussant à s’installer dans des zones périphériques dépourvues d’infrastructures.

cite oasis

Les investisseurs étrangers jouent un rôle clé dans le secteur immobilier de Kinshasa, en injectant des capitaux dans des projets de développement et en introduisant des normes internationales. Les investisseurs koweïtiens, par exemple, sont prêts à investir dans la construction de cités modernes et de logements sociaux. De plus, le secteur hôtelier s’est renforcé avec l’arrivée de nouveaux acteurs étrangers, comme le Pullman Kinshasa et le Fleuve Congo Hôtel by Blazon Hotels.

Le secteur immobilier à Kinshasa est caractérisé par un déséquilibre profond où les bailleurs ont une influence excessive, conduisant à des conditions de logement précaires pour les locataires. Bien que le secteur contribue de manière significative à l’économie de la ville, la majorité des Kinois restent confrontés à des défis majeurs pour accéder à un logement décent. La présence d’investisseurs étrangers apporte une dynamique supplémentaire, mais exacerbe également les disparités et la spéculation immobilière.

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