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Levée des sanctions contre gertler : quelles répercussions économiques pour la RDC ?

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La décision imminente de l’administration Biden de lever les sanctions à l’encontre de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler soulève des interrogations quant à ses implications économiques pour la République démocratique du Congo (RDC). Sanctionné en 2017 par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain pour des contrats d’exploitation minière et pétrolière « corrompus » estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, Gertler a depuis été au centre de nouvelles sanctions en 2021, suite aux révélations de deux lanceurs d’alerte congolais.

Contournement des sanctions : la stratégie controversée de Gertler

Au cours des années 2020-2021, Gradi Koko et Navy Malela ont mis en lumière les activités de Gertler, affirmant qu’il poursuivait ses transactions commerciales en dollars malgré les sanctions américaines, utilisant la banque Afriland pour contourner les restrictions. Ce réseau aurait permis à Gertler d’acquérir de nouveaux actifs miniers en collaboration avec des associés congolais, dont Alain Mukonda, entraînant de nouvelles sanctions à leur encontre.

Selon des sources du Wall Street Journal, Dan Gertler aurait entamé des négociations avec les autorités américaines en vue d’alléger les sanctions pesant sur lui et ses entreprises. Cette démarche suscite des critiques, notamment de la Plateforme pour protéger les lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), qui souligne que cette décision irait à l’encontre de la récente stratégie nationale de lutte contre la corruption des États-Unis.

Répercussions économiques et mobilisation contre la corruption

La levée potentielle des sanctions contre Gertler inquiète les acteurs de la lutte contre la corruption en RDC. La PPLAAF estime que cela serait « préjudiciable » et irait à l’encontre des efforts déployés ces dernières années pour lutter contre la corruption dans le pays. De plus, elle souligne les risques encourus par les lanceurs d’alerte Gradi Koko et Navy Malela, actuellement condamnés à mort par contumace.

Dan Gertler, patron de Glencore, est depuis longtemps la cible de critiques de la part d’organisations non gouvernementales congolaises et internationales. Il est accusé de causer des pertes considérables au trésor congolais en raison d’une « corruption de haut niveau ». Selon le CNPAV, l’État congolais aurait déjà perdu 2 milliards de dollars américains.

Un affront aux lanceurs d’alerte et à la lutte anti-corruption

La possible levée des sanctions contre Gertler, que ce soit en totalité ou partiellement, est perçue comme un affront aux risques pris par les lanceurs d’alerte Gradi Koko et Navy Malela. Gabriel Bourdon-Fattal, directeur des programmes de la PPLAAF, souligne que cela pourrait décourager d’éventuels lanceurs d’alerte de présenter de nouvelles preuves, compromettant ainsi la lutte contre le contournement des sanctions.

L’étonnement est d’autant plus grand que cette décision coïncide avec une campagne de Gertler visant à restreindre l’espace civique. La levée des sanctions serait-elle un compromis économique au détriment des principes de lutte contre la corruption ? Une question qui suscite des débats alors que l’économie congolaise pourrait être affectée par cette potentielle levée des mesures coercitives à l’encontre de l’homme d’affaires israélien.

Par la rédaction.

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