ASA Resource Group Limited doit souscrire 27,508 milliards de CDF pour conserver sa participation de 20 % dans la Société minière de Bakwanga. Si les deux actionnaires libèrent intégralement leurs apports, le capital de la MIBA passerait de 40,1 milliards à 177,6 milliards de CDF.
La Société minière de Bakwanga a ouvert, le 27 juillet 2026, une période de souscription d’un mois dans le cadre de son augmentation de capital. Son actionnaire minoritaire britannique, ASA Resource Group Limited, dispose jusqu’au 27 août pour verser 27 508 087 500 CDF. ASA détient 6 000 des 30 000 actions composant le capital de la MIBA, soit une participation de 20 %. Le bulletin de souscription lui demande un apport supplémentaire de 4 584 681,25 CDF par action. La valeur nominale de chaque titre passerait ainsi de 1 336 604 à 5 921 285,25 CDF.
Sur la base de ces chiffres, le capital social actuel de 40 098 120 000 CDF atteindrait 177 638 557 500 CDF après l’opération, selon un calcul de Lepoint.cd. L’augmentation proprement dite représente 137 540 437 500 CDF.
La contribution demandée à ASA équivaut à environ 12,14 millions USD au taux indicatif de 2 266,61 CDF pour un dollar utilisé dans le bulletin. Elle doit être intégralement versée sur un compte de la MIBA ouvert auprès de FirstBank DRC, avec une preuve de paiement jointe au document signé.
L’État appelé à apporter 110 milliards de CDF
L’État congolais détient les 24 000 actions restantes, représentant 80 % du capital. Sa contribution proportionnelle atteint 110 032 350 000 CDF, soit environ 48,54 millions USD au taux de référence retenu pour l’opération.
Les apports des deux actionnaires totaliseraient ainsi environ 60,68 millions USD. La recapitalisation repose sur l’élévation de la valeur nominale des actions existantes, plutôt que sur la création d’un nombre supplémentaire de titres. L’opération a été approuvée par l’assemblée générale extraordinaire de la MIBA le 6 février 2026. Le conseil d’administration en a arrêté les modalités le 2 mars, avant l’ouverture de la souscription le 27 juillet.
L’apport attendu de l’État se rapproche des 50 millions USD annoncés en décembre 2024 pour soutenir la relance de l’entreprise diamantifère. Des responsables de la MIBA avaient toutefois indiqué en mai 2026 que l’utilisation de ces ressources devait être précédée par un audit, un inventaire du patrimoine et la validation du plan de relance.
Pour ASA, la souscription conditionne le maintien de sa participation de 20 %. Le bulletin prévoit que le droit préférentiel non exercé et non intégralement libéré à l’expiration du délai deviendra caduc, selon les modalités arrêtées par les organes de la société. Au moment de la publication du bulletin, aucun versement d’ASA n’était encore confirmé. La société britannique devra donc formaliser son engagement et fournir la preuve du transfert avant le 27 août.
ASA Resource Group a par ailleurs abandonné son ancien statut de société publique britannique pour devenir ASA Resource Group Limited le 25 février 2026. Les données de Companies House indiquent que l’entreprise demeure active et enregistrée dans le secteur minier.
La recapitalisation couvre 86,7 % du plan de relance
Le plan minimum de relance de la MIBA avait été adopté par le Gouvernement en août 2024 pour un besoin évalué à 70 millions USD. Il comprend la certification des réserves, la sécurisation des concessions, les investissements productifs, les charges du personnel, le suivi des activités et d’autres dépenses nécessaires à la reprise.
Une augmentation de capital entièrement souscrite à hauteur de 60,68 millions USD couvrirait environ 86,7 % de ce besoin, selon un calcul de Lepoint.cd. Le différentiel par rapport au plan initial s’établit à près de 9,32 millions USD. Le programme adopté par le Gouvernement projetait une production annuelle de 2 438 484 carats à partir de 2026, pour un chiffre d’affaires estimé à 58,954 millions USD. Ces volumes restent des objectifs et devront être confrontés à la reprise effective des opérations minières.
La recapitalisation donnera à la MIBA des ressources propres plus importantes, mais son effet dépendra du décaissement réel des apports, de la gouvernance mise en place et de l’affectation des fonds aux investissements capables de rétablir la production. La première échéance mesurable reste le 27 août, date à laquelle la société pourra établir si ASA a effectivement versé les 27,508 milliards de CDF demandés.
— M. MASAMUNA









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