Le Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique (PC2G-RDC) a été lancé officiellement le 5 octobre 2026. Huit avions doivent survoler pendant 36 mois environ 30 % du territoire, du Kongo Central au Katanga. Le contrat avec l’espagnol Xcalibur est financé par le Fonds minier pour les générations futures, mais son montant varie selon les sources, de 180 à près de 300 millions de dollars.
La République démocratique du Congo a lancé officiellement le 5 octobre 2026 à Kinshasa le Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique (PC2G-RDC). La cérémonie s’est tenue en présence du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et de l’ambassadrice d’Espagne. Le programme est financé par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), alimenté par une part de la redevance minière. Il est exécuté par la société espagnole Xcalibur Multiphysics Group, sous la coordination technique du Service géologique national du Congo (SGN-C). Huit avions doivent recueillir pendant 36 mois des données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques. Les zones visées sont le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Grand Kasaï et le Grand Katanga.
L’enjeu économique est la connaissance du sous-sol avant l’arrivée des investisseurs. Selon le SGN-C, seuls 20 % des 2,34 millions de kilomètres carrés du pays ont fait l’objet d’une exploration systématique. Le programme doit couvrir plus de 700 000 km², soit environ 30 % du territoire, d’après un calcul de Lepoint.cd. Plus de 2,7 millions de kilomètres de lignes de vol sont prévus, avec un espacement d’environ 250 mètres. Une compagnie minière qui achète des données de ce type réduit la surface à explorer avant de forer, et l’État connaît mieux la valeur des permis qu’il attribue. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a résumé l’objectif en affirmant que le pays investit « dans la connaissance pour réduire demain le coût, le risque et le temps nécessaires à l’exploration ».
Un ou deux contrats, 180 ou près de 300 millions de dollars
Le communiqué de lancement ne mentionne pas le coût. Les chiffres publiés divergent. Le directeur général du SGN-C, Raoul Wazenga Vitima, a parlé à Reuters en septembre d’un contrat de 180 millions de dollars sur trois ans, lancé en janvier. L’Agence Ecofin et d’autres médias citent le même montant pour un contrat signé le 29 janvier 2026 par le ministre des Mines. En février, d’autres médias congolais ont évoqué un contrat de 298,7 millions de dollars signé fin janvier. DosEco a écrit qu’un « second contrat » de 297,8 millions préparait une « phase B » du programme. Si ces deux contrats s’additionnent, l’engagement total approcherait 478 millions de dollars. Le ministère n’a pas publié le contrat.
Le calendrier mérite aussi d’être précisé. Le comité de pilotage du programme s’était réuni le 23 février, et Ecofin indiquait que Xcalibur avait commencé à exécuter le contrat dès janvier. Le lancement du 5 octobre correspond donc au début officiel de la campagne aérienne, plus de huit mois après la signature.
À titre de comparaison, la Zambie a confié en 2024 à Xcalibur un levé aérien à haute résolution de tout son territoire, d’environ 750 000 km², dans le cadre d’un programme de plus de 90 millions de dollars. Les deux programmes ne sont pas strictement comparables, puisque le congolais ajoute des mesures gravimétriques, électromagnétiques et des travaux géologiques de terrain. Mais l’écart de coût au kilomètre carré justifie que le montant congolais soit clarifié.
L’accès aux données est l’autre question économique. Le SGN-C prévoit de les centraliser dans une banque de données géologiques nationale, qui doit être pleinement opérationnelle fin 2026. Une partie de ces données sera vendue et filtrée en fonction des intérêts stratégiques du pays. La publication des premières cartes du Kongo Central et du Kasaï, et le prix fixé pour l’accès des investisseurs aux données, montreront quand le FOMIN commencera à récupérer sa mise.









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.