Près de 50 000 relevés de prix sont collectés chaque mois en République démocratique du Congo pour mieux surveiller les marchés intérieurs. Le gouvernement veut utiliser ces données pour repérer plus vite les tensions sur les produits consommés par les ménages.
Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale a présenté, lors du Conseil des ministres tenu vendredi à Kinshasa, l’état d’avancement du dispositif numérique de suivi des prix sur le marché intérieur. Ce système repose sur un réseau de 20 enquêteurs par ville et sur près de 50 analystes mobilisés au sein du secrétariat général à l’Économie.
Leur mission consiste à collecter, consolider et analyser chaque mois environ 50 000 observations de prix. Ces données permettent au gouvernement de suivre l’évolution des marchés, notamment sur les produits qui pèsent dans le budget des ménages. Pour les consommateurs, ce suivi peut aider à identifier plus vite les hausses anormales, les ruptures de stocks ou les tensions liées à l’approvisionnement.
Un outil numérique pour surveiller les prix et les stocks
De janvier à mai 2026, les données recueillies ont montré une stabilité globale des prix sur la majorité des marchés suivis, selon le compte rendu du Conseil des ministres. Cette stabilité signifie que les prix n’ont pas connu de fortes variations sur la plupart des produits observés, même si la situation peut rester différente selon les villes ou les catégories de biens.
Lancée en mars 2025, la plateforme TALO est déjà déployée dans 17 villes du pays. Elle suit régulièrement 61 produits représentatifs des principaux postes de consommation des ménages congolais. Le gouvernement prévoit d’étendre ce dispositif aux 35 villes du pays, avant de le déployer progressivement dans les chefs-lieux des territoires.
Le programme doit aussi intégrer deux nouveaux modules. Le premier, TALO e-Control, servira au suivi des stocks et des ventes des opérateurs économiques. Le second, TALO pre-FOB, permettra d’observer l’évolution des prix à l’importation, en lien avec les données de la Direction générale des douanes et accises.
À terme, TALO doit devenir un système intégré de renseignements économiques sur les marchés. Il devra suivre les prix, les stocks, les flux commerciaux et les circuits d’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national. Cette évolution pourrait renforcer la capacité de l’État à agir plus vite lorsque les prix menacent le pouvoir d’achat des ménages.
— M. KOSI








