La République démocratique du Congo accélère la mise en œuvre du corridor de Banana, un axe logistique de plus de 3 300 kilomètres reliant les zones minières du Sud-Est au port en eaux profondes de Banana sur l’Atlantique. Selon les projections, d’ici fin 2027, 850 kilomètres supplémentaires entre Nguba (Lualaba) et Mbujimayi seront asphaltés, portant le réseau à plus de 3 300 kilomètres praticables en continu, de la frontière zambienne jusqu’à la façade maritime du Kongo Central.
Ce projet, porté par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), traverse huit provinces clés, notamment le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Lomami, les Kasaï, le Kwilu, le Kwango et le Kongo Central. Il vise à structurer un axe national intégré capable de relier les bassins miniers, agricoles et industriels aux infrastructures portuaires, dans un pays encore fortement dépendant des corridors étrangers pour ses exportations.
L’enjeu principal réside dans la réduction des coûts et des délais logistiques. Le port de Banana, avec une capacité estimée à 450 000 EVP (équivalent vingt pieds) par an, permettra d’accueillir directement des navires en provenance d’Asie et d’Europe. Cette connexion devrait réduire les coûts de transport de 25 % à 30 %, tout en améliorant la fluidité des exportations de minerais comme le cuivre et le cobalt, ainsi que d’autres produits.
Un levier pour la souveraineté logistique et l’intégration économique
Au-delà de l’infrastructure routière, le projet intègre la construction de ponts et d’équipements connexes destinés à sécuriser l’accès aux sites de production et à fluidifier le transport des marchandises. L’objectif est de renforcer l’autonomie logistique du pays, en limitant la dépendance aux ports et axes de transit régionaux.
Le corridor de Banana s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de transformation économique, en facilitant l’intégration des provinces et en soutenant le développement des chaînes de valeur locales. En reliant les zones de production aux marchés internationaux, cette infrastructure pourrait améliorer la compétitivité des exportations congolaises et stimuler l’investissement.
À terme, cet axe logistique devrait jouer un rôle central dans la structuration de l’économie nationale, en offrant une alternative directe aux corridors extérieurs et en renforçant la position de la RDC dans les échanges régionaux et internationaux.
— M. KOSI


