La République Démocratique du Congo a mobilisé 55,107 millions de dollars lors de son émission de Bons du Trésor en dollars le 24 juin 2025, dépassant de 38 % l’objectif initial fixé à 40 millions. Ce niveau de souscription, avec un total de 56,127 millions de dollars en offres reçues, traduit une forte demande pour ces titres à court terme, malgré un contexte économique régional marqué par des incertitudes.
Le taux d’intérêt retenu pour cette adjudication est de 10,50 % sur une maturité de trois mois, ce qui reste compétitif dans la zone, bien que supérieur aux taux observés dans certains pays voisins à monnaie stable. Cette rémunération reflète un équilibre entre l’attractivité des titres pour les investisseurs et les contraintes budgétaires du gouvernement congolais, qui doit financer ses besoins de trésorerie sans peser excessivement sur la charge de la dette.
Le recours accru aux Bons du Trésor en devises étrangères s’inscrit dans une stratégie visant à consolider les ressources internes et à renforcer la liquidité du marché financier local. Ce dispositif offre aux opérateurs économiques un placement sécurisé, avec une rentabilité supérieure aux instruments traditionnels en francs congolais, dont les rendements sont généralement plus faibles mais exposés à l’inflation.
Par ailleurs, le ministère des Finances s’engage à poursuivre ces émissions régulières, un signal fort de la volonté gouvernementale d’instaurer une gestion disciplinée de la dette intérieure. Ce suivi rigoureux est essentiel pour garantir une meilleure prévisibilité des flux de trésorerie publics, condition sine qua non pour stabiliser les finances publiques et maintenir la confiance des investisseurs.
Ces opérations contribuent également à diversifier les sources de financement du budget, réduisant la dépendance aux appuis extérieurs tout en soutenant les programmes sociaux et économiques prioritaires. Elles reflètent une adaptation progressive aux exigences des marchés financiers, avec des instruments mieux calibrés pour répondre aux besoins concrets du pays.
— Peter MOYI

