Le gouvernement congolais et la société privée Buenassa ont officialisé un partenariat dont l’objectif est d’intensifier la transformation locale des minerais, notamment le cuivre et le cobalt, deux ressources stratégiques pour l’économie mondiale et les technologies de pointe. Ce projet s’inscrit dans un contexte où la RDC cherche à renforcer son contrôle sur un secteur minier longtemps dominé par l’exportation brute, souvent au détriment de la valeur ajoutée locale.
Buenassa bénéficie d’un soutien financier de plus de 3 millions de dollars provenant du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Ces fonds permettront de mener des études approfondies de préfaisabilité et de faisabilité sur un site situé dans la province minière du Lualaba, région au cœur du bassin cuivre-cobalt. La sécurisation des approvisionnements en minerais, mais aussi en énergie, avec une attention particulière à l’eau et à l’électricité, est une condition sine qua non pour la viabilité de l’investissement industriel.
La raffinerie prévue vise une production annuelle de 120 000 tonnes de cathodes de cuivre, avec une pureté exceptionnelle de 99,99 %, et 30 000 tonnes de sulfate de cobalt. Ce niveau de pureté est un standard industriel élevé, répondant aux exigences des marchés mondiaux, notamment dans les secteurs automobile et électronique. L’étude d’une production de cobalt métal complète cette ambition, avec une visée directe sur les industries des batteries pour véhicules électriques et de la défense, deux marchés en pleine expansion.
La prise de participation de l’État congolais dans le capital de Buenassa, sous forme d’actions de préférence, traduit une volonté d’assurer un contrôle accru sur les ressources critiques. Cette démarche est d’autant plus importante que la compétition internationale pour l’accès à ces minerais s’intensifie, notamment avec les puissances occidentales et asiatiques qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements dans un contexte de transition énergétique mondiale.
Ce projet pourrait modifier substantiellement la structure économique locale en générant des emplois qualifiés et en favorisant le transfert de compétences technologiques. Il contribue à réduire la dépendance aux exportations de matières premières non transformées, souvent source d’instabilité financière et économique. En s’appuyant sur des partenariats régionaux et internationaux, notamment avec les États-Unis, le projet intègre une dimension multilatérale qui pourrait renforcer sa pérennité.
La mise en place prochaine d’un conseil d’administration permettra de piloter les orientations stratégiques et d’assurer une gouvernance équilibrée entre acteurs publics et privés. Ce dispositif est crucial pour garantir le respect des engagements et la bonne exécution des étapes à venir, dont le déploiement des infrastructures et la mobilisation des financements supplémentaires.
Dans un monde où la demande en cuivre et cobalt est appelée à croître fortement du fait des besoins liés aux technologies vertes et aux véhicules électriques, cette initiative positionne la RDC non seulement comme un fournisseur incontournable, mais aussi comme un acteur capable de créer de la valeur sur son territoire. La réussite de ce projet sera un indicateur important de la capacité du pays à moderniser son secteur minier, à diversifier son économie et à tirer pleinement parti de ses ressources naturelles.
— Peter MOYI

