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RDC : Le corridor de Lobito devient un atout logistique pour les exportations minières du Katanga

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Le gouvernement congolais parie sur le corridor de Lobito pour repositionner le Grand Katanga sur l’échiquier économique régional. Lors du Katanga Business Meeting (KBM), tenu le 15 mai 2025 à Kolwezi, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a affirmé que cette infrastructure ferroviaire redéfinit les perspectives d’exportation pour la République démocratique du Congo.

Ce corridor, qui relie les zones minières du Katanga au port atlantique de Lobito en Angola, modifie la géographie logistique du pays. En connectant directement les centres de production minière aux marchés internationaux, il promet un allègement substantiel des coûts de transport. Une variable essentielle dans un contexte où les charges logistiques absorbent jusqu’à 30 % de la valeur des exportations congolaises, selon les données du Centre d’expertise et d’évaluation des charges logistiques (CEEC, 2024).

Les entreprises basées dans le sud du pays y voient déjà un raccourci vers des gains de compétitivité. « Le rail Lobito-Kolwezi n’est pas qu’un trajet vers l’océan« , a souligné Daniel Mukoko Samba. « C’est un accélérateur de croissance pour toute la région. » Une affirmation appuyée par plusieurs intervenants présents à la rencontre, qui y voient un remède aux goulets d’étranglement observés sur les routes vers l’Afrique australe, souvent saturées et coûteuses.

Mukoko samba

Cette liaison ferroviaire s’inscrit dans une logique plus large de diversification des débouchés pour les minerais stratégiques produits au Katanga, notamment le cuivre et le cobalt. Le corridor de Lobito pourrait absorber à lui seul jusqu’à 30 % des flux miniers sortants dès 2026, selon les projections de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).

Mais la valeur de ce projet dépasse le simple transport. Il incarne une volonté politique de rééquilibrage. En désenclavant une zone-clé de la production nationale, Kinshasa entend réduire la dépendance vis-à-vis des infrastructures portuaires sud-africaines, souvent exposées aux tensions douanières et aux mouvements sociaux.

Le défi reste néanmoins logistique et diplomatique. La RDC, l’Angola et la Zambie devront maintenir une coopération fluide pour sécuriser les investissements et harmoniser les procédures de transit. À ce jour, les discussions sont bien avancées, notamment autour de la mise en place d’un guichet unique transfrontalier et d’un tarif préférentiel pour les opérateurs régionaux.

Le corridor de Lobito est encore en phase d’implémentation opérationnelle, mais les signaux envoyés lors du KBM témoignent d’une ambition claire : faire du Grand Katanga non plus une périphérie productive, mais un hub exportateur pleinement intégré.

M. KOSI

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