RDC : le cuivre atteint 843 954 tonnes, mais le cobalt ralentit au premier trimestre

Les statistiques minières provisoires du premier trimestre 2026 confirment le poids central du cuivre dans l’économie minière congolaise. Entre janvier et mars, la RDC a exporté 823 886,88 tonnes de cuivre, dont l’essentiel sous forme de cathodes. Cette dynamique s’est renforcée mois après mois : 252 140,79 tonnes en janvier, 268 003,39 tonnes en février, puis 303 742,69 tonnes en mars. Comparé au premier trimestre 2025, où les exportations s’élevaient à 794 422,01 tonnes, le volume progresse d’environ 4 %.

La Rédaction

Les statistiques minières provisoires du premier trimestre 2026 confirment le poids central du cuivre dans l’économie minière congolaise. Entre janvier et mars, la RDC a exporté 823 886,88 tonnes de cuivre, dont l’essentiel sous forme de cathodes. Cette dynamique s’est renforcée mois après mois : 252 140,79 tonnes en janvier, 268 003,39 tonnes en février, puis 303 742,69 tonnes en mars. Comparé au premier trimestre 2025, où les exportations s’élevaient à 794 422,01 tonnes, le volume progresse d’environ 4 %.

Un secteur porté par le cuivre, mais plus contrasté sur les autres minerais

La lecture technique du rapport montre une chose simple : la RDC reste avant tout une puissance du cuivre. La production nationale de cuivre métal atteint 843 954 tonnes au premier trimestre 2026, avec une accélération en mars après une stabilité relative entre janvier et février. Dans les exportations, les cathodes représentent environ 85 % du total de cuivre exporté. Cela signifie que le pays vend majoritairement un cuivre déjà raffiné, plus valorisé que le minerai brut ou les concentrés.

Le cobalt présente une trajectoire différente. Les exportations d’hydroxydes de cobalt atteignent 51 940,14 tonnes, soit 17 053,95 tonnes en métal contenu. Le mois de février a marqué un creux, avant une forte reprise en mars. Mais sur cinq ans, la tendance est défavorable : les exportations de cobalt métal contenu passent de 42 844,70 tonnes au premier trimestre 2025 à 17 053,95 tonnes au premier trimestre 2026. Cette baisse reflète l’impact des mesures d’encadrement des exportations, dont la suspension puis le système de quotas mentionnés dans le rapport.

À côté du cuivre et du cobalt, la filière zinc-germanium confirme l’existence d’un potentiel moins visible, mais stratégique. Les exportations de zinc totalisent 5 187,59 tonnes en métal contenu. Le zinc baisse en février avant de rebondir en mars. Les hydroxydes de germanium atteignent 287,50 tonnes exportées, pour 2,83 tonnes de métal contenu, tandis que la production d’hydroxydes de germanium monte progressivement de 122,92 tonnes en janvier à 158,75 tonnes en mars. Le germanium reste une filière de niche, mais son importance industrielle grandit dans les chaînes technologiques mondiales.

La filière aurifère garde aussi un poids financier élevé. La production totale d’or atteint 6 558,77 kg, dominée à 89 % par l’exploitation industrielle. À l’exportation, le pays a vendu 6 309,46 kg d’or pour une valeur de 732,18 millions USD. Les volumes progressent légèrement par rapport au premier trimestre 2025, mais la valeur bondit beaucoup plus fortement, portée par le niveau des prix internationaux. Kibali Gold demeure l’acteur principal de l’or industriel, avec une part quasi totale des exportations industrielles.

Les stannifères restent dominés par la cassitérite. La production totale de cassitérite atteint 11 766,75 tonnes, dont 78 % issues du secteur industriel. Les exportations s’élèvent à 11 229,50 tonnes, pour 230,03 millions USD. Alphamin Bisie garde une position dominante dans l’étain industriel, tandis que les flux artisanaux restent significatifs dans le Maniema, le Tanganyika et le Haut-Katanga. Pour le coltan, la situation est inverse : l’artisanat domine la production avec 80 % du volume total. Les exportations de coltan atteignent 241,57 tonnes, pour 8,10 millions USD, avec une part artisanale de 56 %.

Le diamant reste largement artisanal. La production totale atteint 2,22 millions de carats, dont 98 % proviennent de l’exploitation artisanale. Les exportations totalisent 1,61 million de carats pour 7,97 millions USD. Les Émirats arabes unis absorbent 78,1 % du volume exporté, loin devant la Belgique. Cette concentration des destinations pose une question de valorisation : le diamant congolais sort encore massivement par des circuits où la valeur finale peut être captée ailleurs.

Le rapport signale aussi une production de monazite, classée parmi les terres rares, de 32 327,40 kg au premier trimestre. Aucune exportation n’a été enregistrée sur la période. Ce point est important : la RDC produit déjà certaines substances stratégiques, mais toutes ne sont pas encore structurées en filières d’exportation régulières.

Au final, le premier trimestre 2026 montre un secteur minier puissant, mais très déséquilibré. Le cuivre tire les volumes, l’or tire une grande partie de la valeur, la cassitérite reste solide, le diamant demeure dominé par l’artisanat, tandis que le cobalt traverse une phase de restriction. Le principal enjeu n’est donc pas seulement de produire plus. Il est aussi de mieux transformer, mieux tracer et mieux capter la valeur créée par les minerais congolais.

— Peter MOYI

Conversation

Votre avis compte

Commenter

Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.

Laisser un commentaire