Le gouvernement congolais a lancé, lundi à Kinshasa, le recrutement des agents chargés de la cartographie censitaire du futur Recensement général de la population et de l’habitat. Cette étape doit préparer la collecte des données dans un pays dont le dernier recensement scientifique remonte à 1984.
La République démocratique du Congo veut sortir d’une longue dépendance aux projections démographiques. Depuis plus de quarante ans, le pays ne dispose pas de données complètes et récentes sur sa population, sa répartition sur le territoire et ses conditions de vie. Selon les estimations de l’Institut national de la statistique, la population congolaise dépasserait aujourd’hui 110 millions d’habitants, mais ces chiffres restent des projections, faute d’un recensement récent capable de donner une image plus précise du pays.
Pour le gouvernement, le recensement ne se limite pas à compter les habitants. Il doit permettre à l’État de mieux savoir où vivent les Congolais, combien ils sont, quels sont leurs besoins et comment orienter les investissements publics dans les provinces. Ces données sont nécessaires pour planifier les écoles, les hôpitaux, les routes, l’accès à l’eau, à l’électricité et aux autres services de base. Lors du lancement du processus, le ministre d’État chargé du Plan, Guylain Nyembo, a présenté cette opération comme une priorité nationale.
« Le gouvernement a fait du recensement une priorité nationale afin de connaître avec précision l’effectif de notre population, ses conditions de vie et sa répartition géographique », a-t-il déclaré.
Des données attendues pour mieux orienter les dépenses publiques
La cartographie censitaire constitue l’une des phases les plus sensibles du processus. Elle consiste à identifier les zones de dénombrement, à les délimiter et à les géoréférencer. En termes simples, il s’agit de préparer le terrain pour que chaque ménage, chaque localité et chaque zone habitée soient pris en compte lors du recensement. Dans un pays de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, cette tâche demande une forte organisation, car certaines zones restent difficiles d’accès à cause de l’étendue du territoire, de l’état des routes ou des contraintes sécuritaires.
Les agents recrutés devront être formés avant leur déploiement dans les provinces. Leur travail permettra de préparer la collecte des informations sur le terrain et de réduire les risques d’oubli de certaines localités. L’enjeu est aussi économique. Sans données fiables, l’État planifie ses politiques publiques avec une marge d’erreur élevée. Cela peut peser sur la construction des infrastructures, la gestion des finances publiques, l’aménagement du territoire et l’orientation des investissements privés. Une entreprise qui veut investir dans une province a besoin de savoir combien de personnes y vivent, quels sont les besoins et quelle est la capacité du marché local.
Le Fonds des Nations unies pour la population accompagne la RDC dans ce processus. L’agence onusienne appuie le gouvernement sur le plan technique afin d’aider le pays à produire des données démographiques plus fiables. Ces informations doivent aussi servir au suivi des Objectifs de développement durable des Nations unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Guylain Nyembo a aussi insisté sur la sensibilisation de la population, car la réussite du recensement dépendra de l’adhésion des ménages et de leur collaboration avec les agents déployés sur le terrain.
Le lancement du recrutement intervient après plusieurs mois de préparation, marqués par la mobilisation des ressources financières, l’acquisition des équipements techniques et la mise en place du cadre institutionnel du recensement. Pour la RDC, l’objectif est de disposer d’une base statistique plus solide pour décider, investir et suivre l’évolution réelle du pays. Après le recensement de 1984, cette nouvelle opération doit fournir à l’État des données plus proches de la réalité démographique et sociale du pays.
M. MASAMUNA





Vivre avec espoir lorsque nous realisons nos promesse donc travailler silancieusement on voie seulement les acte pas de promesse a long temps