Les régies financières de la République démocratique du Congo ont mobilisé 1 581,6 milliards CDF au 22 mai 2026, selon la note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo. Ce montant représente près de 70 % des prévisions fixées dans le plan de trésorerie de l’État pour le mois de mai.
La Direction générale des impôts reste le premier pilier des recettes publiques. À elle seule, la DGI a collecté 881,8 milliards CDF au titre des impôts directs et indirects. Cette enveloppe représente un peu plus de la moitié des recettes mobilisées par les trois régies financières sur la période. Elle confirme le poids de la fiscalité intérieure dans le financement du budget de l’État, notamment pour payer les charges courantes et soutenir l’action publique.
La Direction générale des douanes et accises a, de son côté, généré 463,0 milliards CDF grâce aux droits de douane et aux accises. Ces recettes proviennent notamment des opérations liées aux importations, aux exportations et à certaines taxes appliquées sur des produits spécifiques. La DGRAD, chargée des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations, a mobilisé 236,9 milliards CDF. Ces recettes non fiscales viennent compléter les impôts et les droits de douane dans la trésorerie publique.
Les dépenses publiques restent au-dessus des recettes collectées
Sur la même période, les dépenses exécutées par le Trésor public ont atteint 3 098,0 milliards CDF. L’écart avec les recettes encaissées ressort donc à 1 516,4 milliards CDF. Cela signifie que les ressources mobilisées au 22 mai ne couvrent qu’une partie des décaissements effectués par l’État. Cette situation montre la pression exercée sur la trésorerie publique, surtout lorsque les besoins de fonctionnement, les dépenses sociales et les investissements progressent plus vite que les recettes.
La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État a absorbé 841,0 milliards CDF. Ce poste reste l’un des plus lourds dans les charges publiques, car il concerne l’administration, les enseignants, les agents de santé, les services de sécurité et plusieurs autres structures publiques. Les frais financiers liés aux engagements de l’État ont atteint 36,3 milliards CDF. Ces paiements réduisent la marge de manœuvre du Trésor lorsque les rentrées fiscales ne suivent pas le rythme des dépenses.
Pour le gouvernement, l’enjeu reste donc d’augmenter les recettes internes sans alourdir inutilement la pression sur les contribuables déjà identifiés. Cela passe par un meilleur recouvrement, l’élargissement de la base fiscale et la limitation des pertes de recettes. Dans un pays où les besoins de financement restent élevés, la performance des régies financières joue un rôle direct dans la capacité de l’État à payer ses charges et à financer ses priorités.
M. MASAMUNA




