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RDC : une croissance de 6,5 % en 2024 et une inflation ramenée à 9,8 %, validées par le FMI

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Avec une croissance de 6,5 % en 2024 et un taux d’inflation ramené à 9,8 %, la République Démocratique du Congo affiche des signaux clairs de résilience économique, dans un contexte pourtant alourdi par des tensions géopolitiques internes et des aléas mondiaux. C’est ce que confirme le Fonds Monétaire International à l’issue de sa première revue du programme appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC), validée en janvier dernier.

L’activité économique congolaise, largement tirée par l’exploitation minière, continue de surprendre. Le secteur extractif, moteur traditionnel du PIB, a permis de contenir les effets des chocs externes et d’absorber une partie des vulnérabilités internes. Le FMI estime que cette dynamique devrait se prolonger en 2025, avec une croissance attendue au-delà de 5 %, consolidant la RDC parmi les économies les plus vigoureuses de la sous-région.

Du côté des équilibres extérieurs, les signaux sont encourageants. Les réserves de change poursuivent leur ascension progressive, renforçant la position du pays face aux chocs de balance des paiements. Toutefois, leur niveau reste inférieur aux seuils recommandés pour garantir une couverture optimale des importations. Le message implicite : la trajectoire est bonne, mais le chemin reste long.

Sur le front monétaire, la Banque Centrale du Congo semble avoir trouvé le bon levier. En renforçant son dispositif de politique monétaire dès la mi-2024, elle a réussi à stabiliser le taux de change, ce qui a contribué à freiner l’inflation. Le passage à un taux d’inflation glissant à un seul chiffre en avril 2025 – une première depuis près de trois ans – marque une inflexion importante. Cela reflète une meilleure coordination entre les politiques budgétaires et monétaires, un point souvent critiqué dans les précédentes évaluations du FMI.

Mais au-delà des chiffres, l’accord de service conclu avec les équipes du FMI consacre une avancée diplomatique et technique. Il témoigne de la confiance renouvelée dans la gouvernance économique du pays. Une confiance qui reste conditionnée à l’engagement du gouvernement à traduire ces équilibres macroéconomiques en réformes concrètes : infrastructures, énergie, agriculture, voiries, et surtout, développement des chaînes de valeur locales.

Dans le discours officiel, le cap est donné. Le gouvernement entend miser sur les investissements structurants pour transformer les fondamentaux économiques. Routes nationales, pistes agricoles, centrales hydroélectriques et photovoltaïques, développement de pôles agro-industriels… L’ambition affichée est claire : passer de la croissance minière à une croissance inclusive, mieux répartie et plus autonome.

Reste à voir si les moyens budgétaires, la volonté politique et les outils institutionnels seront à la hauteur. Car derrière les félicitations du FMI, se cache un impératif silencieux : transformer la trajectoire actuelle en une dynamique durable, capable d’atténuer les fragilités sociales et régionales du pays. Une économie qui avance, certes, mais encore exposée aux aléas sécuritaires, aux limites logistiques, et aux défis de gouvernance.

Peter MOYI

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