En mission économique à Boende, chef-lieu de la Tshuapa, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a dressé un constat préoccupant sur l’état des infrastructures. Routes, énergie, transport fluvial, services financiers et logistique restent les principaux freins à la production et aux investissements, malgré le fort potentiel économique de la province.
La Tshuapa fait partie des provinces les plus riches en ressources naturelles de la République démocratique du Congo. Agriculture, forêts, pêche et biodiversité offrent des perspectives importantes de développement. Pourtant, ces atouts peinent encore à se transformer en croissance économique durable.
Lors de la première journée de sa mission à Boende, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a visité plusieurs infrastructures publiques avant d’échanger avec les opérateurs économiques, les services techniques et la société civile. Ces consultations ont permis d’identifier les principaux obstacles qui limitent la production, les échanges commerciaux et l’attractivité économique de la province.
Énergie, transport et finance : les trois grands freins au développement
Le diagnostic réalisé sur le terrain met en évidence des difficultés qui touchent l’ensemble de la chaîne économique.
Parmi les principaux constats figurent le manque d’équipements de l’Office des Routes et de l’Office des Voiries et Drainage (OVD) pour assurer l’entretien des infrastructures, l’arrêt depuis plus de deux mois de la centrale thermique de la SNEL, le dysfonctionnement du bac sur la rivière Tshuapa, indispensable à la circulation sur la Route nationale n°8, ainsi que la faible activité du port de l’ONATRA malgré son potentiel logistique.
Les échanges avec les acteurs économiques ont également révélé une forte prédominance de l’économie informelle, l’absence de banques commerciales, les difficultés de mobilité à l’intérieur de la province et les coûts élevés du transport des marchandises. Ces contraintes augmentent les dépenses des producteurs, limitent les investissements privés et réduisent la compétitivité des produits locaux sur les marchés nationaux.
Reconnecter la Tshuapa aux marchés pour libérer son potentiel
Au-delà des infrastructures, les difficultés observées traduisent un problème d’intégration économique. Une province peut disposer d’importantes ressources agricoles, forestières ou halieutiques, mais sans routes praticables, énergie disponible, services financiers et solutions logistiques performantes, ces richesses restent sous-exploitées.
L’absence de banques limite l’accès au crédit des entrepreneurs. Les interruptions de l’approvisionnement en électricité ralentissent les activités de transformation. Les difficultés de transport renchérissent le coût des produits avant même leur arrivée sur les marchés. Quant au recul des plantations, il témoigne des difficultés rencontrées par les producteurs pour rentabiliser leurs activités.
Pour les économistes, le développement des provinces passe désormais par une approche intégrée associant infrastructures de transport, énergie, financement, logistique et transformation locale. Sans ces investissements, les territoires riches en ressources continueront à produire en dessous de leur potentiel.
La mission de Daniel Mukoko Samba à Boende rappelle ainsi que le défi du développement provincial ne se résume pas à la disponibilité des ressources naturelles. Il consiste surtout à créer un environnement économique capable de relier durablement les bassins de production aux marchés, d’attirer les investisseurs et de soutenir la création d’emplois locaux.
— M. KOSI









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