Le gouvernement a réuni, le 16 juillet 2026, les institutions publiques, MétroKin et ses partenaires financiers pour coordonner les prochaines étapes du train urbain de Kinshasa. La rencontre n’a toutefois communiqué ni nouvelle date de démarrage, ni clôture financière, alors que la première phase est évaluée à 400 millions USD.
Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a présidé cette séance de travail en présence de représentants de la Primature, des ministères du Portefeuille et du Budget, de la ville de Kinshasa, de l’Office national des transports et de la société MétroKin. Les partenaires financiers ainsi que les experts techniques et opérationnels ont également participé aux échanges consacrés à l’harmonisation des interventions publiques et privées. La communication publiée après la réunion ne fait cependant état d’aucune décision financière, contractuelle ou foncière supplémentaire.
Cette nouvelle concertation intervient alors que les promoteurs avaient annoncé, en juin 2025, un lancement des travaux avant la fin de la même année. Plus d’un an après cette échéance, aucune information rendue publique lors de la réunion du 16 juillet ne confirme le démarrage effectif du chantier. Le dossier semble donc rester dépendant de plusieurs conditions administratives, financières et opérationnelles.
Une première ligne de 25 kilomètres jusqu’à l’aéroport
MétroKin prévoit de moderniser et d’étendre le réseau ferroviaire urbain de Kinshasa en quatre phases. La première doit relier la Gare centrale à l’aéroport international de N’Djili sur environ 25 kilomètres. Les phases suivantes doivent couvrir la plaine de Kinshasa, une boucle urbaine et un prolongement allant de l’aéroport vers Maluku. L’ensemble du réseau annoncé dépasse 270 kilomètres, selon les longueurs communiquées par Africa Finance Corporation.
Africa Finance Corporation, qui intervient comme arrangeur principal, avait annoncé un investissement initial de 3 millions USD destiné au développement du projet jusqu’à sa clôture financière. L’institution travaille avec MétroKin et Alstom, présenté comme partenaire industriel. La société MétroKin est détenue par Trans Connexion Congo, la Société commerciale des transports et des ports et la ville de Kinshasa.
En 2025, les promoteurs avaient évalué la première phase à 400 millions USD, dont 200 millions annoncés comme devant provenir d’Africa Finance Corporation. Le solde devait être recherché auprès d’autres institutions financières. Cette présentation n’équivaut pas à un décaissement intégral. Les informations consultées ne permettent pas de confirmer qu’un accord définitif couvrant la totalité des 400 millions USD a été conclu.
La première ligne doit transporter jusqu’à 520 000 personnes par jour, selon les projections présentées par la direction de MétroKin. Le projet comprend également une centrale électrique de 30 MW, dont 3 MW seraient destinés aux communautés environnantes. Ces chiffres demeurent des objectifs techniques qui devront être confirmés par la configuration finale du réseau, le nombre de trains, leur fréquence et la capacité réelle des gares.
Les emprises et la clôture financière restent déterminantes
La libération des emprises constitue l’une des principales conditions d’exécution. La ligne doit utiliser et élargir le couloir ferroviaire existant entre la Gare centrale et N’Djili. Des habitations, des activités commerciales et d’autres occupations se trouvent sur certaines parties du tracé. En juin 2025, MétroKin indiquait que le gouvernement avait réservé 20 millions USD pour indemniser les personnes affectées, après deux années consacrées à leur recensement.
Le projet exige également un accord opérationnel entre MétroKin, l’ONATRA et la Régie des voies aériennes. L’ONATRA doit continuer à exploiter ses activités ferroviaires vers le Kongo-Central, tandis que la RVA doit mettre à disposition un espace destiné à la future gare de l’aéroport. La coordination de ces usages doit éviter que le train urbain n’entre en conflit avec le transport interprovincial ou les activités aéroportuaires.
La réunion du 16 juillet montre que l’État cherche encore à aligner les ministères, les entreprises publiques, la ville et les bailleurs autour d’un schéma commun. Cette coordination est nécessaire, mais elle ne constitue pas encore le lancement du chantier. Les prochaines informations devront préciser la clôture du financement, le sort des populations installées sur les emprises, l’identité des entreprises chargées des travaux et le calendrier actualisé.
La progression de MétroKin devra donc être mesurée à partir d’actes vérifiables. La signature des contrats de financement, le paiement effectif des indemnisations, la libération du tracé et l’ouverture des premiers chantiers permettront de déterminer si le projet quitte enfin la phase de préparation institutionnelle.
— M. MASAMUNA









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