Buenassa a reçu l’approbation d’une subvention de l’Agence américaine pour le commerce et le développement afin de financer l’étude de préfaisabilité de sa future raffinerie de cuivre et de cobalt. Le projet prévoit désormais deux phases évaluées à 2 milliards USD, mais le montant de la subvention et le financement de la construction restent à préciser.
La nouvelle étape a été annoncée vendredi 17 juillet 2026 à l’issue d’une réunion entre le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et une délégation de Buenassa conduite par son directeur général, Eddy Kioni. L’entreprise a présenté les études de cadrage de son projet industriel prévu dans la province du Lualaba ainsi qu’une configuration visant, après son développement complet, une production annuelle de 120 000 tonnes de cathodes de cuivre conformes aux standards du London Metal Exchange et de 20 000 tonnes de cobalt contenu.
Le cobalt pourrait être produit sous forme de métal à haute pureté, avec la possibilité de fabriquer également du sulfate de cobalt. Buenassa cible notamment les chaînes d’approvisionnement de l’aérospatiale, de la défense et des batteries. Ces capacités restent toutefois des objectifs industriels. L’usine n’est pas encore construite et sa réalisation dépendra des études techniques, des autorisations, de l’approvisionnement en minerais, de l’accès à l’électricité et de la mobilisation des capitaux.
Une subvention destinée aux études, pas à la construction
L’appui approuvé par l’USTDA doit financer l’étude de préfaisabilité. Cette phase sert à approfondir les choix technologiques, les besoins énergétiques, les coûts, les risques environnementaux, la rentabilité et les conditions de réalisation du projet. L’agence américaine finance ce type de travaux préparatoires pour aider les promoteurs à faire évoluer leurs projets vers la recherche de capitaux et leur mise en œuvre. La subvention ne constitue donc pas un financement des équipements ou de la construction de la raffinerie.
Julien Paluku a présenté cette approbation comme la première injection directe de capitaux du gouvernement américain dans un projet congolais de minerais critiques associé au corridor de Lobito. Cette qualification reste une déclaration gouvernementale. La publication consultée ne précise ni le montant de la subvention, ni la date de décaissement, ni l’entreprise américaine qui réalisera l’étude. Aucun communiqué spécifique de l’USTDA détaillant ces conditions n’était encore accessible parmi les sources officielles consultées.
Cette aide américaine complète les 3,5 millions USD précédemment accordés par le Fonds de promotion de l’industrie pour financer la préparation du projet. Cette première subvention congolaise avait notamment permis à Buenassa de conduire les études de cadrage. Elle ne représentait qu’une fraction des investissements nécessaires à la construction de l’usine.
Le projet prévoit désormais une première phase évaluée à 700 millions USD. Les données communiquées antérieurement par Buenassa associaient cette étape à une capacité annuelle de 30 000 tonnes de cathodes de cuivre et de 5 000 tonnes de cobalt. La seconde phase, estimée à 1,3 milliard USD, porterait l’investissement cumulé à 2 milliards USD et permettrait d’atteindre les capacités finales de 120 000 tonnes de cuivre et de 20 000 tonnes de cobalt annoncées le 17 juillet.
La DFC n’a pas encore annoncé de financement définitif
Buenassa indique également mener des discussions avancées avec la Société américaine de financement du développement international. L’appui envisagé porterait sur une assistance technique destinée à l’étude de faisabilité définitive. Il ne doit pas être confondu avec un engagement de la DFC à financer les 700 millions USD de la première phase ou les 2 milliards USD du projet complet.
Aucun montant de prêt, prise de participation, garantie ou calendrier de décaissement de la DFC n’a été officiellement annoncé pour la raffinerie. Les discussions constituent une étape de structuration financière, mais la décision finale d’investissement reste conditionnée à l’achèvement des études, à la validation du modèle économique et à la conclusion d’engagements fermes avec les prêteurs et les investisseurs.
Le projet a également connu plusieurs évolutions dans ses capacités, son coût et son calendrier. Buenassa annonçait en 2024 une première production de 30 000 tonnes de cuivre et de 5 000 tonnes de cobalt, avec un démarrage initialement envisagé en 2027. Des communications ultérieures ont repoussé la mise en service et élargi l’ambition industrielle. Une publication de février 2026 évoquait un démarrage possible entre 2030 et 2031 pour un projet alors estimé à 2 milliards USD.
L’approbation de la subvention américaine améliore ainsi la préparation technique de la raffinerie, mais ne garantit pas encore sa construction. Les prochains éléments déterminants seront le montant de l’appui de l’USTDA, le résultat de l’étude de préfaisabilité, l’engagement éventuel de la DFC et la présentation d’un plan financier couvrant les 700 millions USD nécessaires à la première phase.
— Joldie KAKESA









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