La Direction générale des douanes et accises lance une opération de contrôle auprès des producteurs d’acide sulfurique du Haut-Katanga et du Lualaba. Une réunion de travail réunissant les opérateurs concernés, la Fédération des entreprises du Congo du Lualaba et les équipes de la DGDA venues de Kinshasa est prévue le 4 août 2026 à Kampi ya Boma, à Kolwezi. L’administration entend présenter aux entreprises les expertises prévues avant de leur remettre les avis de passage fixant les modalités des inspections.
L’enjeu budgétaire est considérable. Le gouvernement prévoit de mobiliser en 2026 quelque 300,7 milliards de francs congolais au titre des droits d’accise sur cet intrant, soit environ 133 millions de dollars. Ce montant se répartit entre 262,5 milliards de FC attendus de la production locale et 38,2 milliards de FC provenant des importations.
Ce droit d’accise de 20 % sur l’acide sulfurique avait été introduit par la loi de finances rectificative de 2025, dans un contexte où Kinshasa cherche à mieux capter les revenus générés par l’activité minière. Pour 2025, l’objectif cumulé avait été fixé à environ 224,1 milliards de FC. À fin juin, la DGDA avait déjà encaissé 174,76 milliards de FC, soit 78 % de l’objectif annuel et un rythme dépassant de 56 % la trajectoire linéaire attendue. La prévision 2026 est supérieure de 34,2 % à celle de 2025, portée principalement par les importations dont l’objectif est presque triplé, passant de 13,14 à 38,19 milliards de FC.
Kamoa Copper, principal producteur local, vraisemblablement dans le viseur
L’ordre de mission, signé le 20 avril 2026 par le directeur général Bernard Kabese Musangu, mandate des inspecteurs pour évaluer les coefficients de rendement industriel et les pertes enregistrées en cours de fabrication. L’objectif est d’établir la quantité d’acide sulfurique pouvant normalement être obtenue à partir des matières premières utilisées, puis de comparer cette production théorique aux volumes déclarés par les entreprises afin d’identifier les écarts susceptibles de traduire une sous-évaluation des volumes imposables.
Kamoa Copper devrait vraisemblablement figurer parmi les sociétés inspectées. Sa fonderie de cuivre, mise en service fin 2025 et présentée comme la plus grande d’Afrique, dispose d’une capacité annuelle de 700 000 tonnes d’acide sulfurique, ce qui en fait le principal producteur de cet intrant en RDC. Au premier trimestre 2026, elle a produit 117 871 tonnes et en a vendu 107 700 tonnes à six clients à un prix moyen de 467 dollars la tonne.
La demande d’acide sulfurique reste très soutenue dans le Copperbelt congolais, où cet intrant est indispensable au traitement hydrométallurgique des minerais oxydés de cuivre et de cobalt. Les tensions sur l’offre, liées à la guerre au Moyen-Orient et aux restrictions imposées par la Zambie sur certaines exportations depuis 2025, contribuent à la hausse des prix et renforcent l’intérêt de l’État à sécuriser cette assiette fiscale.
— M. KOSI









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