Kamoa-Kakula met progressivement en service en RDC une centrale hybride combinant 433 MWp de solaire photovoltaïque et 1 107 MWh de stockage par batteries. L’installation doit fournir 60 MW de puissance continue au complexe cuprifère d’ici la fin du troisième trimestre 2026, avant un doublement de cette puissance de base à environ 120 MW fin 2027.
Le projet énergétique de Kamoa-Kakula est désormais entré dans sa phase de mise en service. Ivanhoe Mines indique que les premières installations ont commencé à alimenter le complexe minier en juillet, avec 15 MW déjà livrés, avant une montée progressive jusqu’à 60 MW de puissance continue d’ici fin septembre. Les deux installations sont financées, détenues et exploitées par CrossBoundary Energy et Green World Energie, Kamoa Copper étant l’unique acheteur de l’électricité produite.
Les chiffres nécessitent toutefois de distinguer la puissance photovoltaïque installée de l’électricité disponible en permanence. Les deux sites totalisent 433 MWp de panneaux solaires et 1 107 MWh de capacité de stockage par batteries. Cette infrastructure est dimensionnée pour restituer une puissance de base continue de 60 MW aux installations minières, malgré l’intermittence de la production solaire. Selon Ivanhoe Mines, il s’agit de la plus grande installation hybride solaire et batteries actuellement installée sur un site minier en Afrique.
Cette architecture répond à une contrainte directement industrielle. Une mine de la taille de Kamoa-Kakula a besoin d’une alimentation stable pour ses opérations souterraines, ses concentrateurs, ses systèmes de pompage et son complexe métallurgique. L’ajout de batteries permet de conserver une partie de l’électricité produite pendant les heures d’ensoleillement et de la restituer lorsque la production photovoltaïque diminue, plutôt que de dépendre uniquement de l’électricité disponible au même instant.
La puissance continue doit passer de 60 à 120 MW fin 2027

Ivanhoe Mines prépare déjà une deuxième phase destinée à doubler la capacité de base fournie par les installations solaires et de stockage. Le groupe prévoit environ 120 MW continus d’ici fin 2027. Un contrat d’achat d’électricité a été signé avec Green World Energie pour une installation supplémentaire de 30 MW, dont l’achèvement est attendu au troisième trimestre 2027. Un autre projet de 30 MW se trouvait encore dans la phase finale de négociation contractuelle lors de la publication des résultats du deuxième trimestre.
La progression de cette capacité énergétique accompagne celle attendue de la production minière. Ivanhoe prévoit actuellement pour Kamoa-Kakula 290 000 à 310 000 tonnes de cuivre contenu dans les anodes ou le blister en 2026, puis 380 000 à 420 000 tonnes en 2027. La société prévoit également un coût C1 compris entre 2,60 et 3,00 USD par livre en 2026, contre une fourchette de 2,10 à 2,50 USD en 2027. Ivanhoe associe notamment l’augmentation de l’approvisionnement solaire à batteries à ses efforts de réduction des coûts, même si cette évolution dépend également de la remontée de la production et de plusieurs autres paramètres opérationnels.
Le dispositif solaire ne constitue pas pour autant l’unique source électrique de Kamoa-Kakula. Le complexe reste connecté au réseau congolais et bénéficie également d’électricité hydroélectrique, tandis que des capacités thermiques de secours demeurent disponibles. L’installation hybride ajoute surtout une source locale capable de fournir une puissance prévisible et de réduire l’exposition de la mine aux contraintes du réseau et au recours aux groupes diesel.
L’énergie devient une composante directe de la compétitivité du cuivre
Pour Kamoa-Kakula, l’investissement énergétique intervient au moment où le complexe doit restaurer puis augmenter ses volumes de cuivre après les difficultés opérationnelles rencontrées à Kakula. La disponibilité de l’électricité devient ainsi indissociable du programme industriel, puisque l’augmentation des tonnages extraits et traités exige parallèlement davantage de puissance stable.
Le premier indicateur à suivre sera désormais l’atteinte effective des 60 MW continus avant la fin du troisième trimestre 2026. Viendront ensuite la construction des deux capacités supplémentaires de 30 MW et leur capacité à porter l’approvisionnement hybride à 120 MW fin 2027. Pour la RDC, ce projet illustre aussi la manière dont les grands producteurs miniers commencent à intégrer directement production renouvelable et stockage dans leurs infrastructures afin de sécuriser l’énergie nécessaire à l’expansion de leurs mines.
— Peter MOYI









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